‹ Souvenirs de Saint Cyr et de l'École d'État-MajorChapitre 32 sur 37 · LE CHAPEAU DE L'OFFICIER D'^TAT-MAJOR · texte numérisé non relu

LE CHAPEAU DE L'OFFICIER D'^TAT-MAJOR

genre que les ministrqs occupent parfois leurs loi* sirs !

Le chapeau de Tofficier d*etat-major semblait avoir le privilege exclusif d'occuper les loisirs ou d'etre Tobjet des preoccupations de plusieurs des Excellences les ministres qui se sont succede au portefeuiUe de la guerre, apr6s le mardchal

Maison, I'inventeur du chapeau de dimension; apr^s le general Bernard, Timaginateur du chapeau alternativement en bataille et en colonne, vint le g^n^ral Moline de Saint-Yon qui lui, ancien officier d'^tat-major voulant sans doute doter le corps dontilavaitfaitpartie, d'un ornement irresistible, imagina de surmonter la coiffure des officiers d*etat-major, d*un panache tricolore ^ plume de coq, tombantes, rappelant les panaches des reprdsentants du peuple de la premiere rdpublique aux armies, et dont le prince Louis-Bonaparte s'.affubla a la premiere revue qu'il passa de la garde nationale k Paris. ,

Un beau jour done les officiers du corps d'dtatmajor re9urent Tordre d'orner leur coiffure d'or-

3o4 ■ ■ l'£cole d'^tat-major

doDnance d'ua beau et fort cber ptumet. Cette decision donna lieu & uae amusante histoire.

Les officiers devant se prdseater i. la visite rendu le premier de I'an 1846 au miaistre, oraii de leur plumet, uo jeune capitaine employ^ k la carte de France, nomm^ Ch^py, dessina une jolie aquarelle intitulde ; La visite dujour de Van.

Les officiers du ddpdt de la guerre repr^sent^s par des tr^pieds, surmontds d'une boussole et coiffds du cliapeau i panache d'^tat-major, sont men^s au ministre de la guerre par leur chef, le gdQ^ral Relet.

Au-dessous de I'aquarelle, on lit les vers suivants de la composition d'un autre officier de la carte de France, le capitaine baron de Cholet, garijon d'esprit, dessinateur et po^te de m^rite :

Le g^n^ral Pelet pr^sente son monde au ministre qui lui dlt :

Vous 4tes bieD nombreux, c'est comme nn rigiraeoL Le g^n^ral r^pond :

LE CHAPEAU DE l'oFFICIER d'ETXT-MAJOR 305

Excellence, toujours nous en filmes autant Mais nous sommes plus beaux Que jamais nous ne filmes, Depuis qu'^ nos chapeaux, Vous nous mites des plumes.

Cette amusante charge courut le d6p6t de la guerre ;leministre, homme d*esprit, se lafitmontrer, en rit beaucoup, pria de Cholet (i) de lalui donner et la fit encadrer pour la mettre dans son salon.

Mais revenons ^Tficole d*6lat-major ; je me souviens d'une innocente vengeance que nous exer<jSmes contre une vieille fille, femme-de charge d'un de nos officiers, logeant dans rdtablissement et

(i) M. de Cholet etaht k la carte de France avec deux de ses amis intimes, les capitaines de Comply et Guerineau de Boisvillette, il arriva k ce dernier, dans les montagnes de I'Auvergne, au pic de I'Escagu pres le village des Brayards (c'est son nom), une aventure qui faillit devenir tragique et dont Cholet tira parti pour faire une spirituelle complainte. On en trouvera quelques couplets k la fin de mes souvenirs de TEcole de I'^tatmajor.

306 L'tCOLE D'feTAT-MAJOR

qui, ayant surpris.dans uoe rue de Paris deiu ^l^ves, apr^s minuit, a'avait rien eu de plus presse que de les d^Doncer i. son maitre.

Les deux jeunes sous-lieutenants furent mis aux arrets. lis jurferent de se venger. La vieille fille nomm^e, je crois, M'" Rose, adorait les chats,.surtout une grosse chatte blanche, souveat orate d'une nombreuse prog^niture, ce qui o'est pas rare chez les individus de son esp^ce.

A Npoque dont i) est question, Moumoutte, la favorite deM'" Rose, avail trois petits. Qu'imagin&rent nos jeunes gens. Avec un peu de mou, ils attirferent dans leur chambre toute la nkh6e et leur ayant l\6 les pattes pour ^viter les griffes, ils saisissent une bolte k couleurs et peignent i. I'huile la chatte en rouge vermilion, les petits en vert, jauneet bleu, puis ils ISchent, dans la cour, la chatte la premiere qui court se rifugier chez sa raaitresse.

— Les monstres, s'icriecelle-ci,ilsonld^piotl^ ma pauvre Moumoutte. Elle est k peine revenue de son saisissement que I'ainS de la famillc arrive

LE CHAPEAU DE L'OFFICIER d'eTAT-MAJOR 3O7

vetu du plus beau jaune, puis les deux autres en vert et en bleu.

Un peu rassur^e sur le d^piottage, M"* Rose eherche, mais en vain, k deteindre ses chers amis. Impossible, la couleur 6tait trop bonne ; force fut de raser les quatre quadrup^des.

Et on appelle cela des officiers ? disait-elle partout en parlant des Aleves et en montrant ses chats colori^s, puis tondus.

Nous avons dit, h propos de la visite des officiers d'^tat-major de la carte de France, au ministre Moline de Saint-Yon, au premier de Tan, que les auteurs de la charge qui avait couru le depdt de la guerre avaient compost une complainte inspir^e par une aventure arriv^e i Tun des topographes, le capitaine de Boisvillette, nous allons donner quelqties couplets de cette amusante complainte, mais d'abord il est indispensable de racooler en quelques mots ce qui y donna lieu.

En 1842, au nombre des officiers envoy 6s pr6s de Clermoiit-Ferrand, dans les montagnes de I'Auvergne, pour y faire la reconnaissance topographique du pays, se trouvait le capitaine G\X6^

rineau de Boisvillette^ bon gros, jovial et spirituei gar(;on ne dans la Beauce a ChSteaudun, 61ecteur et ayant pour compagnon, dans toutes ses ^xcursions, un charmant et fidele caniche nomm6 Midor,

Mvt jour notre officier et son chien escalad^reot un des pics 61ev6s des montagnes du Puy-de-D6me, VEscagu^ situe pres du village appele les Brayardsy pic sur le sommet duquel se trouvait un signal. lis y furent tout ^ coup enveloppds par une violente tempdte qui couvrit de gr^le la campagne voisine.

Les habitants du village des Brayards, paysans superstitieux, apercevant sur le pic de TEscagu la silhouette d'un inconnu se livrant k des occupations qu'ils ne pouvaient comprendre et arme d^instruments qu*ilsn'avaient jamais vu, serassemblerent, se le montr^r^nt et en vinrent a conclure que ce personnage ne pouvait 6tre que Tauteur de la tempfite, le diable, venu 1^ tout expr6s pour faire gr^l'er leurs champs. S'armant de fourches, ils grimperent sur TEsciagu d^cidds k faire un mau* vais parti au jeune officier. Ge dernier surpris paf une trentaine dMndividus, hommes et femmes,

dispositions menagantes, essaya de leur faire comprendre qui ii 6tait, peine perdue. Enfin,ayant obtenu d'etre conduit devant Tautoritd locale, il exhiba son ordre de service et fut ddivre par Tadjoint qui se confondit en excuse.

L'auteur de la complainte suppose en terminant que rh^roique conduite du capitaine en cette cir- Constance^ lui valut, h son retour k Paris, la croix de la Legion d'honneur.

La complainte, sur Tair de FualdeSy est intitul^e :

Saint GuMneau de Boisvillettey capitaine et martyr y poeme h^roique en cent et un chants, orn6 de plusieurs portraits assez originaux, enrichi d'une profusion de notes historiques, statistiques, geographiqueSy artistiques et agronomiques.

Ouvrage adopte et chants a I'Academie par un membre de cet institut (section des sciences morales)..

En tite du po6me, le portrait de la noble vietime et de son chien. Boisvillette k genoux ayant pr^s de lui M^dor^ assis sur son bienseant, les

pattcs de devant jointes et en I'air, rcQoit d'un ange, la croix et la palme du martyr. Montagues dans le fond. Au-dessous du portrait fait par Ch6py, ces vers :

Grand et simple a la fois, bon coeur, beau caractere,

Au milieu des perils tu brilles glorieux

Et range des combats pose k ta boutonniere

La recompense de la terre,

Et sur ton front celle des cieux.

RcQois de tes amis cet hommage sincere, lis travaillent pour toi, c'est travailler pour eux. Tu les illustreras... Et puis, saint tutelaire,

Tout en les aimant sur la terre,

Tu les serviras dans les cieux.

Void quelques-uns des chants de la complainte :

O savants de tout rivage, O journaux de tons partis, O hommes de tous pays, De tout sexe et de tout dge, Entendez-vous froidement Le recit que j'entreprends.

D'un aimable camarade, Je vais chanter les Annuls, Je vais d^peindre les fruits D'une ignorance maussade ;

Et Yous verrez comme quoil...

Force est rest6 au bon droit.

Chaot troisi^me, oii i'on trouve des details curieux sur une contr6e peu connue et qui ne m^rite jpresque pas de Tdtre :

Sous le beau del de la France,

Vers son centre — ou peu s'en faut»

S'diYent des monts fort hauts

Oii Delille prit naissance,j I Oil le valeureux Desaix

I Preluda k ses hauts faits.

Et en notes : Delille^ homme respectable, n^ i Clermont, oCi ses compatriotes montrent encore ses jardins. Desaix, militaire aimable, n6 au chateau d*Ayat, pr6s Riom. On le croit g^ndralement mort h Marengo.

Lft virent le jour encore Le chancelier L'HospitaI»

Le g^omitre Pascal £t le chroniqueur Dulaure, Et d'AssaS) jeune guerrier Qui paya cher son laurier*

Notes : L Hospital^ beau magistral, connu comme le fl^au des avoues.

Pascal qui se promena longtemps avec un barometre, afin d'apprendre la maniere de s'en servir.

Dulaure, auteur d'une petite histoire de son pays el d'un grosse histoire de Paris.

D'Assas, victime d'un procdde assez mediocre des Autrichiens. •

Or, sachez qu'en l*an prospere

Mil huit cent quarante-deiix,

Un ministre — glorieux,

Grand dans la paix, dans la guerre,

Envoya dans ce pays,

Des offlciers tr6s choisis. •

Jeunes ills de la Science, Soldats et ing6nieurs, lis y doivent, comme ailleurs, . Faire la carte de France, Celle qii'on appelle encor Carte de I'etat-major.

ft

Des travaux pr^paratoires,

D^j^ avaient 6i6 faits

Sur le^ principaux sommets, j

On voyait des choses noires

Que Ton nomme des signaux,

Les plus hauts sont les plus beaux. •

Or, paripi toutes ces cimes, Qui frappent d*abord les yeux, II est un pic rocailleux, Qui bondit sur les abimes, Domines par les Brayards Et dominant les brouillards.

Sur ce pic epouvantable,

Neuf cents metres sur les flots (i),

Le plus vaste des signaux,

Passe pour Toeuvre du diable.

11 a le nom saugrenu

De signal de TEscagu.

Mais, 1^, le drame commence, A la porte du signal.

Done. . • du h^ros principal, Lions d'abord connaissance, Et voyons en quelques vers, Ses vertus et ses travers.

Chant oil Ton va trouver la description appro-

(i) L'etat-major a foi dans le niveau constant des flots de la mer. II Ta pris pour base de son travail et lui a rapporte toutes les hauteurs du sol. II est juste de dire que* jusqu'^ ce jour, la mer a rdpondu d'une maniere touchante a cette coniiance qui Thonore.

3l6 LA COMPLAINTE

foodie d'un personnage que les dames brOlent de voir apparaitre.

Gudrineau de Boisvillette Est son nom habituel ; GargoD, car ii se dit tel, Beau, d'une double epaulette ; HonnSte, mais non commun, £lecteur de Chateaudun.

Signalement du physique :

Front haut, bel oeil, noble port, Jambe droite, jarret fort, Teint peu blanc, nez athl^tique ; Cheveu rare et presque noir.

Abdomen facile k voir.

Choisi par le sort des armes, Pour rclever ce pays, On Ta vu quitter Paris, Laissant bien des coeurs en larmes ; Puis un jour on Ta revu Escaladant TEscagu.

Sur cette pente insolite, Boisvillette souffle un peu.

Eh bien ! dit-il, avec feu, J'en aurai plus de m^rite.

Grimpons... Et son compagnon, Lui grimpe sur^les talons.

Boisvillette ayant escalade TEscagu commence ses travaux, regrettant de n'avoir pas pr^s de lui son ami Comply.

Apres le bon camarade, Parlons vite du bon chien.

M^dor est plein de maintien, Danse, chante, bois rasade, Pense beaucoup, parle peu Et s'orne d'un collier bleu.

Boisvillette en plein ouvrage, Fait feu de son instrument, Pointanty cotant, dessinant.

Tandis qu'il se met en nage, Le ciel si sereifn k voir, Se voile d'un voile noir.

Soudain ce nuage creve,

Fils de relectricit^,

Des grSlons sont projet^s,

Dans ces champs remplis de sdves ;

La moisson meurt sans espoir,

C'est deplorable k voir.

Tandis que Boisvillette, absorb^ par son travail,

semble insensible k la temp6te, les habitants du

village Les Brayards, Tapercevant, se consultent,

3l8 LA COMPLAINTE

ne mettant pas en doute que ce ne soit Satan, auteur de leurs maux et, excites par une megere, ils montent, dit Tauteur de la complainte, k Tassaut de Guerineau.

Mais, en voyant cette bande, II sent qu'il aura des maux, Fr^missant pour ses travaux, U entr'ouvre sa houppelande Et cache <;ontre son coeur, Le produit de ses sueurs.

Puis ii demande aux Auvergnats pourquoi ils iui font la grimace.

Bah ! vous me prenez peut-6tre Pour un de ces intrigants, Qui s'en vont k travers champs, Pour recenser vos fenfitres ; Je le jure sur I'honneur, Je ne suis pas controleur.

C'^tait Tannee ou le recensement avait cause une grave 6meute k Clermont-Ferrand.

. Ah! ah f ah! dit un grand grfile, V On vous a bien vu, sournois, Pourquoi qu*en ces endroits, < Voiis faites pleuvoir la grdle ?

Vous etes le diable ou ben, . . . . .

Nous n'y connaissons plus ren.

Ouf 1 ceci passe les homes.

Le diable I'avez-vous vu ; II porte le pied fourchu, Son front est charge de cornes.

Inspectez-moi maintenant, Ai-je done cet ornement.

Note : En effet, il est vrai de dire que Boisvil- •ette n'a rien de commun avec cet affreux bipede', rien, dit-il en badinant avec ses amis, rien que de letirer quelquefois par la queue — ma\gr6 sa position d*electeur de Chdteaudun.

Continuant a d^finir le diable, Boisvillette ajoute : . ,

De plus, sur lui Satan porte Certaine odeur de roussi, Cette odeur... la sens-je aussi ?

Non, — que le diable m'emporte, Car, semblable k un bateau, Je flotte dans trois pieds d'eau.

Eh!, ehl eh! r^plique un autre, Pourquoi qu*ici vous venez > Je conviens que vous avez {^a mine 4'un bon apotre;

Mais le diable bien souvent, Se donne un air innocent.

Parmi vos belles campagnes, Je viens pour de grands travaux, Je viens tirer les niveaux Des vallons et des montagnes ; Je marque aussi les chemins Qu*ont besoin d'entretien.

Hi I hi ! hi ! crie un troisidme, On connait ring6nieur, Grand, mince, blond, sans couleur, Vous n'^tes pas tout de meme.

Puis, quand il vente ou qu'il pleut, II reste au coin de son feu.

Un autre demande h Boisviilette sMl a des pa piers. Le capitaine tire de sa poche son ordre et le lit :

Le ministre de la guerrt, Ordonne k votre prefet, D'ordonner au sous-prefet, D'ordonner k tous les maires, D'ordonner k tous les citoyens, De m'aider de leurs moyens.

Enfin, apr6s d'autres colloques, il obtient d*6tre

mene chez le maire. Le maire ^tant a garder ses boeufs, on le conduit chez Tadjoint.

Pendant qu'il marche entoure des Brayards^ Boisvillette remarquant la p^Lleur de son chien,

lui dit :

Yiens quadrupede sublime, Dit-il, k M^dor pleurant, Je laisse k ton ddvoiiment, La vengeance de ce crime ; Si je succombe ici, Va le dire a Corn61y.

On arrive (chez Vadjoint), on crie, on jure»

L*adjoint sdchait ses sabots,

II les remet aussitot,

Pour voir d'oii vient ce murmure.

Puis, au milieu du fracas,

II entend qu'il n*entend pas.

Boisvillette lui demande s'il sait lire et lui passe son ordre.

Le silence recommence, L'adjoint semble tout emu, Mais, d6)k n*y tenant plus, II crie avec petulance :

Quoi I Vous ^tes un savant De ce fameax regiment.

Ah ! monsieur le capitain^ Combien je suis malheureux De songer que, dans ces lieux, On YX)us a fait de la peine.

Mais nous sommes plus manants Que nous ne sommes mechants.

Du reste, ayant de Tusage,

Et connaissant les endroits,

Vous deviez penser, ma foi,

D'apr6s le nom du village,

Qu'un lieu nomm^ Les Brayards,

lEtait peupld de gueulards. (Historique.)

Les Auvergnats font amende honorable; Boisvillette leur fait un discours, se terminant ainsi :

Or, vent, grele, orage, foudre, Sont hors de notre ressort, Le savant ^tat- major, Trouverait plutot la poudre.

. Je dois k la v^rit^ Qu'il Ta trouv^... inventee.

L'adjoint le prie tout bas de ne pas les vcndre.

Boisvillette le rassure, Mais il souffle entre ses dents, Mon vieux, tu seras dedans, Car je dirai I'aventure A Saget, Cholet, CJi^py, D'Abrantds et Comply.

Noms de cinq des camarades de Boisvillette qui tous ont concouru a la confection de la complainte, Cholet par les strophes, les autres par les illustrations.

Ainsi couronne de gloire, II redescend des Brayards, Dans les Laffitte et GaiUard, II monte avec sa victoire ; Puis il rentre k Paris, Comme il eo ^tait partis

Bientot, prts de lui en masse,

Arrivent les anciens coeurs,

Des nouveaux mouill^s de pleurs,

Plaignent sa disgrace,

Et Guerineau trop heureux,

Les rassure de son mieux.

Alors, dans la capitale, Tout ^st k la GuerineaUj £toffes, meubles, chapeaux, La fureur est generale, M£me on joue a TAmbigu Le heros de I'Escagu.

Boisvillette appr^cie, et dont la noble conduite est connut, re^oit bientot sa recompense. *

Bref, le conseil des ministres Se rassemble un beau matin, Sur un puissant parchemin, On decline plusieurs titres ; Et deux ou trois mar^chaux Scelient le tout de leur sceau.

Son portier lui apporte son brevet de membre de la Legion d'honneur.

Cette nouvelle I*6tonne, Tant ii ignore ses droits, II lit son brevet cent fois, Puis, subissant sa couronne, II glisse k son vStement Un petit bout de ruban.

Ame toujours simple et fi^re, Aux bons comme aux mauvais jours, Gu^rineau, pour tout discours, Dit devant sa boutonniire ; Que ne T^tes-vous aussi, , O M^dor, 6 Comply.

D*un r^cit aussi sauvage, Frires, concluons cela, Quand le del se noircira, Des nuages d'un orage ; Vite, descendons dil mo&t Pour entrer dans un bouchon.

Lorsque la complainte Cholet, illustree par Chepyet d'Abrantes, futconnue dans les salles du depot de la guerre, chacun sollicita la faveur d'y figurer. Mors, Cholet fut oblige de faire afficher cette derniere strophe :

L'auteur vient de trouver.son centi^me couplet, Et, bien sur d'etre inscrit au temple de memoire, n feme avec orgueil V omnibus de sa gloire, Et crie a I'univers... complet.

Le corps d'6tat-major a vecu.

Par qui et dans quel but a-t-il 6t6 cree } Quels avanlages en a-t-on retire }

A-t-on su Tutiliser comme on aurait pu et du iefaire?

Par quoi Ta-t-on remplace ?

Sa suppression a-t-elie et6 un bien ou un mal pour Tarmee }

Telles sont les questions serieuses dont nous aliens faire suivre nos souvenirs, un peu legers peut-etre, questions que nous essayerons de resoudre avec impartiality.

Le corps d'etat-major a 6te cree, en 1818, par un de nos plus savants, de nos plus eminents ge-

328 LE CORPS d'etat- MAJOR

neraux du premier Empire, par un de nos plus habiles ministres de la guerre, le marechal Gouvion-Saint-Cyr.

Ayant fait de nombreuses campagnes, parcpuru toute TEurope du nord au midi, de Touest a I'est, servi dans les differcntes armees de la France, le marechal avait et^ frapp6 de Tinsuffisance de nos ^tats-majors. II attribuait cette insuffisance a un recrutement defectueux des officiers employes dans les dtats-majors. Ces officiers, pouvant etre tir^s de tous les regiments de I'armde, n'6taient, pour la plupart, ni capables, ni instruits.

Gouvion- Saint- Cyr avait bien constats que TEmpereur ne prenait aupres de sa personne, pour faire le service de son dtat-major particulier, que des hommes d'une grande valeur, mili taires braves, actifs, intelligents, pouvant remplir les missions les plus ddlicates, exercer, au besoin, des commandements importants. II savait' bien que certains mar^chaux, Berthier entreautres, ce major g^ndral hors ligne, s'entourait ■ d'officiers capables, mais> ^ c6t^ de cela, il avait i

facilement remarqud le peu d'aptitude d'une foule d'autres officiers appeles h remplir des fonclions d*etat-major. Les reconnaissances devant Tennemi, les ordres k libeller d'une fa(jon claire et lucide, leur prompte execution, trouvaient rarement des interpretes en etat de bien remplir leurs importants devoirs. Les aides de camp surtoiit lui paraissaient mediocres. Cela etait tout naturel, la plupart 6taient des allies ou des amis de parents des gen^raux aupres desquels ils faisaient le service et qui, employes par faveur, etaient pousses par eux, qu*ils le mdritassent ou non, au detriment d*officiers plus capables. En outre, souvent lorsqu'un general demandait k un chef de corps de lui indiquer un aide de camp, ce chef de corps qui tenait a garder ses bons officiers, lui en donnait un mediocre, absolument comme pour les chevaux demandds aux colonels de cavalerie.

Ces considerations determin^rent Gouvion- Saint-Cyr, des qu'il fut ministre, a creer un corps d'dtat-major homogene, instruit, dans lequel seu-

lement pourraient 6tre pris les officiers charges du service des etats- majors et les aides de camp.

C'^tait couper court k la faveur, et assurer a Tarm^e un corps apte a un bon service. Alors, il fonda rficole d'application d'etat-major dans laquelle ne pouvaient etre appeles que les premiers eleves sortis de Tecole de Saint-Cyr et oii ils deivaient faire un noviciat d'etat-mcljor de deux ann^es, livres a des dtudes pratiques sdrieuses.

Ce corps, forme d'elements choisis que plusieurs ordonnances et decisions ministerielles vinrent encore fortifier, ne tarda pas a prendre la tete de Tarmee.

Le 10 decembre 1821, une ordonnance royale lui octroya un comite pareil a celui de rartillerie et du genie, mais k titre provisoire. Ce comitd fut reellement constitu6 en 1826.

En 1824, le corps d'etat- major de concert avec le corps des ing6nieurs geographes commen^a le magnifique travail de la carte lie France (geodesie et topographie).

En 183 1, les deux corps fiwent fondus en un

seul et les officiers. d'etat-major furent inities aux etudes si importantes des leves et reconnaissances militaires.

La guerre d'Espagne en 1823, Texpedition de Moree en. 1827, celle d*Alger en 1830, firent connaitre ce que Ton pouvait attendre de la creation du marechal Gouvion-Saint-Cyr,

Les ordonnances constitutives et celle de 1833 fixant le recrutement et le service des officiers du corps etaient des mesures excellentes et suffisantes pour donner a nos armees des etats-majors instruits, pouvant faire face a toutes les necessites en temps de paix comme en temps de guerre; mais, pour atteindre ce but, il fallait tenirlamain a la stricte execution des sages reglements ^labores et adoptes par les divers ministres de la guerre.

II n'etait nullement necessaire de modifier et encore moins de briser, comme on le fit en 1880, malheureusement, Iffelon nous, ce corps si judicieusement cree en 1818.

Au Jieu d'appliquer les mesures prescrites,

on les laissa passer a Tetat de lettre morte en

beaucoup de circonstances. Ainsi, on se reldcha sur le stage r^gimentaire, sur le service des jeunes officiers du corps dans les regiments. Beaucoup d'entre eux furent retenus trop longtemps aux travaux de la carte ; un certain nombre, peu soucieux de ce genre de travail indispensable pour former des officiers d*6tat-major complets, trouv6rent moyen de n'y pas ^tre appel6s; on se servit des officiers ou attaches aux divisions territoriales d'une fa(;on ridicule ; on les employa comme des scribes. Les aides de camp des gdneraux de brigade et de division, saufpendant les quelques mois de revues trimestrielles ou d'inspections gdnerales, n'eurent absolnment rien a faire aupr^s de leurs gen^raux. Ceux attaches aux princes et aux marechaux n'eurent h fournir qu'un service d'honneur. Enfin, tandis que les puissances ^trangeres nous montraient les services que Ton pouvait tirer d'offlflers intelligents et instruits, parlant bien la langue frantjaise et envoyes chez nous comme attaches militaires pour

y surveiller et faire connaitre tout ce qui se passait dans notre arm^e, nous n'avions pas, nous, d'officiers parlant les langues etrangeres, mis a la disposition des ambassades. Nous nous contentions d'envoyer dans les camps de plaisance, pendant quelques jours, des officiers d'ordonnance et aides de camp des princes ou des ministres qui se Ijornaient a rapporter de leurs voyages force compliments pour leurs patrons et force decorations pour eux-memes.

Ainsi done, apr^s avoir 6cv6m6j en quelque sorte, nos ^coles militaires pour constituer un corps instruit, sagement reglemente, on ne Tutilisait plus, on Ic laissait s'^tioler. Ce n'est pas ce qu'avaient voulu les Saint-Cyr, les Soult, les Clermont-Tonnerre, les Bugeaud. Quelle n^cessite y avait-il de supprimer ce corps et de le remplacer par un service dit d'etat-major? Nous ne le voyons pas. Ne suffisait-il pas de mettre serieusement en^igueur les prescriptions reglementaires? #

Nous Savons bien que bon nombre d'officiers

meme de Tancien corps d'etat-major ont approuve sa suppression. C'est tout simple. Ne sont-ils pas sdrs, gr^ce k la superiority que leur donnent, sur la plupart des officiers des corps de troupes, leur instruction, leur intelligence, leurs relations avec les sommittSs de Tarmee, d'arriver aux emplois supdrieurs beaucoup plus promptement qu'ils n'eussent pu le faire en restant dans le corps? N'en avaient-ils pas eu la preuve par rel^vation rapide de tous les anciens officiers d'etat-major, les Mac Mahon, les d'Allonville, les Montauban, etc., qui etaient parvenus k quitter le corps et a se faire placer dans les regiments de formation nouvelle>

Si done, mettant de c6te toute consideration, on eQt etabli un roulement uniforme et strict* pour tous les officiers du corps d'etat-major, si on cut veill6 k ce que les prescriptions reglementaires fussent ex^cutdes dans les regiments, dans les etats-majors, Tarmee efit touJQ||^s eu k sa disposition un corps forme d'elements capables, instruits et k la hauteur de ses fonctions. Ce n'est

LE CORPS d'etat-major 3 3)

pas le tout que de promulguer de judicieuses ordonnances, de prendre des mesures utiles et rationnelles, il faut avoir la volonte et la force de les faire executer et ne pas permettre qu'on les elude*

Apres la guerre de 1870-1871, on s'est plu a dire que notre corps d'6tat-major n'avait pas rendu les services qu'il aurait dQ rendre, parce que les officiers qui le composaient, ri'avaient pas une aptitude, une instruction k hauteur de leurs fonctions. C'est une calomnie, reposant sur une erreur. Pendant toutecette desastreuse caiiipagne, nos officiers du corps d'etat-major ont 6t6 remarquables d'activit^, de bravoure, d'intelligence et ont rendu les meilleurs services aux armees de Metz, de Sedan, de la Loire, du Nord, de TEst, de Paris. Plusieurs se sont fait tuer en rempliss^ant leurs missions, en accomplissant leur devoir,

Peut-dtre n'a-t-on pas su toujours utiliser leurs talents cdmme on aurait pu le faire? A qui la faute? Ce n*est pas la premiere fois qu'ayant en

336 LE CORPS d'eTAT-MAJOR

main un bon instrument, on n'a pas su s*eo scrvir.

Le corps crc6 en 1818 par Tillustre Gouvion- Saint-Cyr, si maladroitement supprimd en 1880 par le ministre Farre, a et6 tout simplement compost, depuis le jour de son organisation jusqu'a celui de sa destruction, de Tdlite des officiers de notre armde.

PeAdant ces soixante et quelques ann^es, on a tir6 de nos dcoles militaires les sujets les plus instruits, les plus capables; on leur a fait faire des dtudes speciales qui auraient pu etre plus habilementdirigees, soit, maisqui n'en'^taient pas moins de nature k d^velopper Tintelligence; puis, lorsqu'on en a eu obtenu un faisceau d'hommes jeunes, actifs, instruits, prets k tous les travaux de la guerre, on n'a pas su les utiliser. Qu'en a-t-on fait? On les a laiss^s, pour la plupart, dans les bureaux des divisions et subdivisions territoriales, ou beaucoup se sont annihiles et ont pris des habitudes s6dentaires, casaniferes; on les a employes a ^crire des lettres banales et k un ser-

vice pour lequel il ne faut ni intelligence ni instruction. N'eOt-on pas dQ, au lieu de cela, faire voyager les jeunes officiers k Tetranger? Exiger d*eux r^tude et la pratique des langues allemandes, italiennes, russes.^ N*eQt-on pas dQ les remettre sans cesse en contact avec les troupes ?

L'instrument n'ayant pas et6 employe, perfectionn6, est-il bien etonnant qu'au moment de s'en servir il ait et^ trouve un peu rouill^? II ne Tetait pas cependant assez pour n'avoir pas etd d'un grand secours au commandement , pendant la guerre de 1870-1871, et nous defions que Ton cite un corps de troupes, une division ou les officiers du corps d'6tat-major se soient montres infdrieurs k leur t^che ?

Si un reproche quelconque a pu etre fait k la creation de Gouvion-Saint-Cyr, ce n'est pas a cette habile creation qu'il faut s'en prendre, mais a la fagon maladroite dont on s'est servi souvent d'un corps admirablement recrut^, instruit, capable et devoue.

Apr6s la campagne contre la Prusse, leministre

3^8 LE CORPS d'etat-major

de la guerre nomma une commission de g^neraux sortant du corps d*etat-major, avec mission de lui presenter un rapport sur ce qu'il y avait a faire pour ce corps. Cette commission de douze membres se partagea imm^diatementen deuxgroupes, une de huit membres demandant un corps ferme, avec des modifications ; un autre de quatre membres, demandant un corps ouvert.

La majorite et la minority presenterent chacune un rapport au ministre.

L'adoption du corps ouvert, c'etait le retour aux abus que le mar^chal Gouvion-Saint-Cyr 6tait parvenu k faire disparaitre en 1818. Sans doute le systeme d'un corps accessible k toutes les capacit6s est, de prime abord et en thdorie, tres seduisant, mais ne pr6sente-t-il pas, dans la pratique, des inconvenients devant donner lieu a des abus sans nombre ?

Nous signalerons deux de ces inconvenients:

i^ Celui d'oter aux officiers charges du service d'etat-major Tdtude pratique du lev^ du terrain, cohnaissance en dehors de laquelle, selon

LE CORPS d'etat-major 339

nous, un officier d'dtat-major n'est pascomplet;

2<» La faculte pour les gdn^raux de prendre dans tous les corps les officiers attaches h leurs personnes, facultid d'ou decoulent les abus que nous avoxis ddja signal^s et qu'un de nos derniers ministre de la guerre aciuel, le general Campenon, ancien officier d'etat-major, a si bien compris qu'il a pris une mesure pour le faire cesser.

Pour bien etablir que le corps crde par le marechal Gouvion-Saint-Cyr n'a pas ete inutile a I'fitat et a I'arm^e, nous aurons recours a une courte statistique.

Depuis safondation jusqu'a sa suppression, de l*Ecole d'application d'etat-major sont sortis : deux chefs de gouvernement : le general Trochu et le mardchal de Mac Mahon.

Deux mar^chaux : Pelissier due de Malakoff ; de Mac Mahon, due de Magenta.

Huit generaux ayant commandd en chef devant Tennemi :

Cousin-Montauban, comte de Palikao, commandant en chef le corps expeditionnaire envoyd

en Chine en i860; le marquis de Beaufort d'Hautpoul, commandant en chef du corps expeditionnaire de Syrie; deSalles, commandant en chef le i*' corps de Tarmee d'Orient devant Sebastopol ; Lebrun, commandant en chef le 12® corps k Tarmde de Sedan; Pourcet, commandant le 16® corps; Durrieu le 17*, Billot le 18® aux armies de la Loire; de Cissey, commandant en chef le 2® corps de Tarmee de Versailles devant Paris en 1871.

Deux majors gendraux : le comte de Martimprey, k I'armee d'Orient; le gdndral Schmitz, k Paris en 1870-187 1, pendant le si6ge.

Deux aides-majors gendraux : Lebrun et Jarras k Tarme du Rhin.

Sept ministres de la .guerre : les generaux de division Courtot de Cissey, Berthaut, Borel, Gresley, Billot, Campenon, Lewal.

Cinquante-quatre gendraux de division : Aulas de Courtigis (ambassadeur), Cousin-Montauban, comte de Chasseloup-Laubat, Foltz, Bedeau, vicomte Louis de Villiers, de Beaufort d'Hautpoul, deTourville, dela Brugi^redeLaveaucoupet, comte

LE CORPS d'eTAT-MAJOR 34I

d'Allonville,Jarras,Saget,Coursonde.IaVilleneuve, d'Auvergne, Courtot deCissey, Espiventde la Villeboisnet, le comte Lepic, le comte Pajol, Letellier Valaz6, Durrieu, de Susleau Malroy, Pourcet, Raoult (tue k rennemi), comte Reille (Andre), Castelnau, Trochu, Lapasset, Osmont, Renson, de Mirandol, de Loverdo, Appert (ambassadeur), Ferri-Pisani, Bertault, Lallemand, qui a command^ d'une faqon brillante I'exp^dition de la Kabylie en 1871, Gresley, Borel, Campenon, Wuillemot (chef d'etat- major general de la 2* arm^ede la Loire;^, Hartung, Faure, Forgemol de Botsque-

nard (qui a commande le corps expdditionnaire de Tunisie), Schmitz, Lewal, Billot, Caillet, Loysel, Lamy, Davenet, Wilatte, Fay, Broye, de Cools (aujourd'hui chef d'etat-major du ministre de la guerre), Warnet (chef d'dtat-major du corps expeditionnaire du Tonkin).

Soixante-slx gdndraux de brigade : Le baron Dubreton, de la RueBeaumarchais, Baret de Rouvray, Mazel du Goulot, Gouyon-Matignon de Saint- Loyal, de Vaudrimey, Davout, de Margadel, de

342 LE CORPS d'eTAT-MAJOR

Creny, Borel de Bretizel, de Franconniere, Nesmes Desmaret, Bernier de Maligny, Renault, Anselme, de Saint de Marthile, de Valdan, de Gaujal, Camo, Thomas, Robinet, LeTellierde Blanchard, Ribourt, Robert, de Rouvre, de Bellegaric, Dien (tue k Tennemi), Waubert de Genlis, Bonneau du Martray, Maneque (tu6 ATennemi), Galinier, Ferret, Besson (tu6 k Tennemi), Lourde, de Place, Tyrbas de Chamberet, Martenot de Cordoux, de Toulongeon, Clement, Foloppe, Sumpt, Beaudoin,Filippi, Durand de Villers, Balland, Ducrot, Clappier, Colson(tue a I'ennemi), de la Soujeole, baron Saint- Cyr-Nugues, Jeoffroy d'Abans, d'Ornant, Mircher, marquis d*Andign6, Boyer, marquis d'Abzac, comte d'Andlau, Gaillard, des Plas, Tissier, comte de Bouill6, Loysel, comte de Clermont-Tonnerre, Saget, Marion de Gaja, Tatareau, Fabre, Clement. L'Ecole d'dtat-major a donn6 encore au corps de I'intendance un grand nombre de ses membres. Plusieurs ont atteint le plus haut grade, celui d'intendant general inspecteur. Beaucoup d'officiers du corps d'^tat-major sesontfait un nom dans la

LE CORPS d'eTAT-MAJOR 34-3

litt^rature militaire, et sont auteurs d'ouvrages utiles et remarquablcs. Nous citerons par ordre alphabetique : le commandant Altmayer.A/anMe/des connaissances militaires, onze Editions, Lrgdncrai Bedeau, auteur de pliisieurs brochures importanles sur I'armee. Le general Blondel qui a ecrit on veritable petit chef-d'oeuvre par le fond comme par la forme : Coup d'ail sur les devoirs el I' esprit mililaires. Le colonel Bonne : Consideration sur I'emfloi de la lumiere et des ombres pour expri- Ker le relief du terrain. Le lieutenant Bonnechose, plusieurs poemes et tragedies. Le colonel Bory de Saint-Vincent, savanl voyageur, dont le nom est devenu ct\ ebre, auteur de plus de trente volumes de voyage. Le lieutenant-colonel Charles de Coynart, auteur d'un volume curieux sur le Sikge d'AUsia, d'un autre sur la Guerre d'Amerique, et d'un troisi^me sur les Mobiles du Calvados, qu'il commanda pendant la guerre de 1870-1871. C'est a lui que Ton est redevable du r^glement relatif ^ I'embarquement et au debarquement des troupes et du materiel dans les chemins de fer. Le colonel

344 ^^ CORPS DETAT-MAJOR

Corrabceuf, auteur de la Description de V£gypte et de la Description giom^trique de la France, Le commandant Derrecagaix, auteur d'une histoire de la guerre de 1 870-1 871. Le baron Du Casse, auteur des Mimoires du roi Joseph^ du prince Eughne et de quarante a cinquante autres volumes sur rhistoire moderne. Le lieutenant-colonel Dessaix qui a publie un tr^s utile atlas de la France et d'autres alias sur TEurope. Le commandant Duhousset, Application de la geographic a la topograhie. Le general Fay, plusieurs ouvrages sur les guerres modernes. Le colonel de Ferussac, le Journal historique du siege de Saragosse, Histoire generate et particuli^re des mollusques terrestres etfluviales. Lesgeneraux Ferret et Galinier, deux beaux volumes sur leur Voyage en Abyssinie. Le commandant Fernel, Histoire de la campagne d'Afrique en i8y0. Le general Ferri-Pisani, Lettres sur VAmerique, puis sous la direction du prince Napoleon les Mimoires du roi Jerdme. Le baron Gay de Vernon, une histoire treis savante dela Vie du marechal GouvionSaint-Cy

LE CORPS D'eTAT-MAJOR 345

etun grand oombre dc brochures historiques,ainsi qu'un volume intitule : Custines et Bouchard, Le capitaine Gavard : les Galeries historiques de Versailles, Galeries des marichaux de France, Le marquis de Grouchy, les Mimoires du marichal de Grouchy, son grand-p^re. Le capitaine Hanus, plusieurs ouvrages au nombre desquels un remarquable agenda du corps d'etat-major, encore fort utileaujourd'hui.Le capitaine jacquinotdePresles, un Cours d'art et d'histoire militaires.

Le capitaine Jardot, plusieurs brochures scientifiques et militaires : les Chemins defer de FEurope considMs sous le point de vue strategique, etc., etc. Le colonel Koch : M^moires pour servir a Vhistoire de la campagne de j8j4; Histoire critique des guerres de la Revolution ; les M6moires deMass^na. Le colonel Yung, plusieurs ouvrages sur rhistoire moderne. Le lieutenant-colonel de Labaume : Relation de la campagne de jSi2, Histoire de la chute de NapoUon. Histoire de la r^publique de Venise, Histoire monarchique et constitutionnelk de la Rivolution frangaise, Le lieutenant-

colonel Langlois, auteur de beaux panoramas militaires : Voyage militaire en Espagne. Le colonel Lapie et son fils le capitaine, un nombre considerable de belles cartes, de memoires sur la geographic, un Atlas universel, etc. Le capitaine Godefroy delaTourd'Auvergne : trois brochures militaires interessantes. Le capitaine Lombart : Memoires sur le corps detat-major. Le colonel de Lostende : De V organisation cVune reserve en France. Le general Lebrun : Sedan et Bazeilles, volume tres important surla journee du i*' septembre 1870. Le colonel de Latour-Dupin, une Relation du siege de Constantine. Le commandant Leblanc de Prebois, un grand nombre de brochures et de travaux remarquables sur TAlgerie. Le general Lewal, plusieurs ouvrages sur les guerres modernes. Le colonel Marnier : Histoire de guerre en temps de paix, Album pittoresque de la France, episodes de la guerre de Prusse, etc., etc. Le commandant Minangoy : Relation de la seconde expedition de Mediah. Le general Moline de Saint-Yon : Guerres de religion^ Notice sur le prince Eugene de Beau-

LE CORPS D'eTAT-MAJOR 347

harnaiSy Ipsibod, Frangois 1" a Chamhord, Ma- Ihilicy les £poux indiscrets, operas, les Amours de Charles 11, comedie. Le commandant Moreau de Jones, ouvrages sur la Miner alogie^ la Geographic des Antilles^ etc. Le capitaine Montureux : Essai sur YEsprit militaire et V organisation de farmee. Le colonel Naudet, deux comedies : La Fontaine chez M"® de la Sabliere et le Manage de Moliere, Le commandant Niox, une histoire tr^s remarquablement ^crite de la Guerre duMexique; La geographie militaire, (Europe centrale, AUeraagne, Hollande, Danemark), ouvrage des plus importants. Le capitaine Edmond Pelissier, les Annates algeriennes. Le colonel P^tiet, le Journal de la division de cavalerie du p corps en i8i4} le Journal de la j® division de Varmie d'Afrique, Le colonel Puissant : Traite de Topographie et plusieurs brochures relatives k la Geodesie. Le general Pourcet : Campagne sur la Loire, i8joi8ji. Le commandant Rocquancourt : Cours d'art et d'histoire militaires a Vusage de Saint-Cyr. Le capitaine Rozet : Relation de la guerre d'Afrique

34^ LE CORPS d'etat-major

en i8yo et i8yi: Voyage dans la Rigence cT Alger, Le capitaine de Salvandy : Histoire de la Pologne^ Nathalie, Barnave. Le lieutenant-colonel Senilles : du ComiU de Vinfanterie et de la cavalerie, brochure. Le commandant de Serda :' la T6Ugraphie encampagne, traduction de Touvrage du grand 6tat-major allemand sur la guerre de 1870-1871. Le colonel de Sesmaisons : Reflexion sur le recrutement de Varmie. Le capitaine Taylor : Voyages pittoresques dans Vancienne France^ en collaboration avec Charles Nodier; Voyage en Espagne,en Portugal ;U£gypte,\a Syrie, Idi Palestine. Le lieutenant colonel Viennet de TAcademie fran(;aise, uo grand nombre de brochures, de tragedies, de comiddies, de podsies, d*6pitres etc.

N'oubUons pas de rappeler les beaux liwes du g^n^ral comte Pajol, ecrivain et sculpteur de m^ite, auquei on doitd'importants ouvrages historiques et de belies statues dont celle dquestre de Napol6on I®*", sur le pont de Montereau. Au nombre des oeuvres du general, nous mentionnerons les campagnes du general son pere, une histoire dc

Kleber et un bel ouvrage sur les guerres de Louis XV.

Un mot, pour finir cette nomenclature, sur le colonel Perrier. Get officier superieur, sorti de I'Ecole polytechnique, est un savant qui, apr^s avoir remplacd comme membre du Bureau des longitudes en 1873 (n'^tant encore que capitaine) leinar^chal Vaillant d6c6d6y a et6 dlu, en 1880, membre de TAcademie des sciences (section de Gdographieet de Navigation).

Le colonel Perrier, aujourd'hui chef de la sousdirection du d6p6t de la guerre (service gdographique), a attache son nom k un nombre considerable de travaux scientifiques des plusimportants. On lui doit les 10° etii« volumes du Memorial du dipot de la guerrCy une quantity de notes, de brochures relatives k la gdod^sieetiTastronomie. Ses principaux travaux sont :

1° La jonction gdoddsique de la France a I'Angleterre par-dessus le Pas-de-Calais ;

2^ La triangulation de la Corse ;

3® La triangulation de TAlgerie ;

4° La nouvelle mesure de la meridienne de France ;

5** La jonction geodesique et astronomique de TEspagne avec TAlgdrie, par-dessus la Mediterrande ;

6^ La renovation de la gdoddsie francjaise.

Pour terminer ce qui a trait au corps d'dtatmajor, nous emprunterons au 2* volume du bel ouvrage du gdndral Ambert, ouvrage intitule : Recits militairesj une de ses pages, dans laquelle sont rdsumees plusieurs des observations que nous venons de presenter nous-memes, et qui corroborent les notres.

< Le plus severement juge, pendant et apres la guerre, a 6te le corps d*etat-major. II a meme disparu pour faire place k une organisation nouvelle.

« L'ancien corps d'etat-major etait une des belles oeuvres de Gouvion-Saint-Cyr. II prenait de jeunes officiers debutant dans la carri^re. Aprds avoir satisfait aux- examens de sortie de rficole de Saint-Cyr ou de TEcole polytechnique.

Page 1