AVANT-PROPOS IX
même avant d'être le dépositaire de la puissance souveraine, il a su donner la preuve inoubliable, aidant son père Alexandre II, en 1875, que sa politique étrangère serait plus tard orientée de notre côté. La suite a prouvé que ce Prince magnanime sait être constant dans ses desseins.
En montrant à son armée qu'elle n'a pas le droit de haïr ceux qui n'ont jamais été ses ennemis véritables, en plaçant sous ses yeux des exemples de noblesse de sentiment, d'amour de la patrie, de dévouement et de fidélité au drapeau, d'esprit de discipline et enfin d'humanité dans les intervalles des combats, il a voulu lui enseigner que deux peuples nés pour s'admirer sont également nés pour s'entendre.
D'autre part, rien n'est mieux fait que ces récits, empreints de simplicité et d'impartialité, tous empruntés à des témoins oculaires, pour exalter l'âme des soldats russes et français et pour les rehausser dans leur propre estime.
Ce sont ces récits dont nous nous sommes assuré la primeur, car ils n'ont pas encore été publiés, même en Russie. Ayant obtenu la permission de les lire et de les traduire, nous avons voulu contribuer, pour notre part, à l'édifice de cette alliance, qui sera d'autant