Souvenirs de soixante années
La vie d'Etienne a été divisée en deux parts : la première consacrée à la culture des arts, l'autre à celle des lettres. Dans un premier ouvrage sur Louis David, ont été recueillis les souvenirs relatifs à cet artiste, à son école et à son temps ; dans ce livre nouveau offert au public, Étienne s'est proposé de faire un retour analogue sur ce qui touche à la littérature. Cette dernière tâche a été plus difficile à remplir que la première. Dans les arts, les principes émis par L. David, généralement adoptés en Europe, et ayant exercé une influence égale sur toutes les branches des arts et môme sur l'industrie, ces principes ont établi une unité de doctrine qui a rendu l'exposé de ses résultats assez facile. Mais il n'en a plus été ainsi lorsqu'il s'est agi des lettres. Depuis la mort de Voltaire et de J.-J. Rousseau jusqu'à nos jours, bien que des écrivains d'un mérite incontestable aient entretenu le feu sacré, il n'est cependant aucun d'eux qui ait émis des opinions formant un corps de doctrine dont la force de cohésion ait été assez puissante pour faire tendre le plus grand nombre des esprits vers un centre intellectuel commun.
Ce qui caractérise au contraire cette époque littéraire, c'est la diversité des opinions, des systèmes et des goùi.s