‹ Souvenirs de soixante annéesChapitre 2 sur 201 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

, qui se sont succédé et toujours combattus ; c'est surtout l'indomptable esprit de critique qui a remis et remet encore sans cesse tout «m question.

La période de temps à laquelle se rattachent ces derniers souvenirs commençant vers 1789, se termine vers 1849. Etienne n'ayant occupé aucun emploi public, et étant resté toujours étranger à la pratique des affaires, n<: parie que des faits qui sont parvenus à sa connaissance et des personnes lettrées dont il a pu apprécier le caractère personnel et le talent. Ces pages laisseront nécessairement bien des lacunes dans l'histoire littéraire de ces soixante années; mais quelques-uns des traits principaux qui la caractérisent, y seront fidèlement indiqués.

Partant donc de la rude atteinte portée aux. lettres par l'interruption des études universitaires en 1793, on aura pour grandes divisions : les efforts tentés sous le Directoire pour renouveler la littérature française par l'imitation de celles des Grecs, des Anglais et des Italiens; le refroidissement à l'égard de la philosophie du xviir siècle préparant le retour aux sentiments religieux vers 1800, et le déclin rapide d'un républicanisme devenu théâtral auquel succède un système monarchique plus absolu que celui que l'on avait détruit peu d'années avant. Puis viennent les quinze années du premier Empire et celles des deux Restaurations.

Ici, quittant le rôle de simple observateur, Etienne prend part au mouvement littéraire si animé à cette dernière époque. Il est admis au nombre des rédacteurs du Joïirnal des Débats et se trouva bientôt en relation habituelle avec une bonn partie de cette jeunesse ardente ei distinguée qui suivit alors le drapeau du romantisme.

En 1830, le plus grand nombre de ces jeunes écrivains entourés d'une certaine célébrité, sont tout à coup employés au gouvernement des affaires publiques; l'ardeur

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