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OBSÈQUES DU GÉNÉRAL LAMARQUE

les forces, totalement épuisées, faisaient prévoir la fin. Bu 13 mai jusqu'au % juin (1832), où elle rendit l'esprit, il ije la quitta plus.

Quelque triste que fût cette mort, ce n'était pas la seule cause des angoisses et des inquiétudes d'Etienne et de sa famille. Une émeute formidable, masquée sous le prétexte de rendre les honneurs funèbres au général Larnarque, mort le même jour, avait jeté l'épouvante dans les quartiers de Paris. Cette terreur régnait sourdement depuis que l'état du général avait commencé à inspirer des inquiétudes, et elle était portée à son comble lorsque Etienne eut à s'occuper des soins que réclamait l'enterrement de sa sœur. Morte le même jour que le général, il n'était pas impossible que les deux inhumations au cimetière du Père-Lachaise, eussent lieu en même temps, et dans la juste appréhension du sang qui allait être versé à Paris, comme le fait eut lieu les 5 et 6 du mois de juin, l'idée d'accompagner un convoi funèbre à travers toute la ville, tandis que le peuple était déjà en fermentation, donnait les plus vives inquiétudes à Étienne, chargé de conduire et de protéger ses deux neveux pendant cette douloureuse cérémonie. Enfin, dans cette triste attente, on en fut réduit à se trouver heureux de la remise des obsèques du général, que l'on célébra le 5 au lieu du 4, ce qui permit d'accomplir celles de madame Viollet-le-Duc sans trop de désordre.

Les impressions douloureuses, les inquiétudes d'esprit, la fatigue de corps qu'Etienne avait supportées depuis près d'un mois l'avaient rendu presque insensible. Il resta dans cet état après l'enterrement, durant la nuit et jusqu'à la moitié du jour suivant, où eurent lieu les obsèques du général Laniarque. Mais vers cinq heures du soir, le bruit de la générale se fit entendre dans tout Paris. On prit aussitôt les armes, et depuis ce moment jusqu'au lende-

main vers sept heures du soir, on ne cessa d'être fusillants ou fusillés. Entraîné dans cette horrible bagarre avec ses concitoyens, et ne pouvant dégager son esprit des inquiétudes que faisaient naître les résultats d'un si fatal événement, Étienne eut à peine la faculté de se livrer à la douleur que lui causait la perte de sa sœur.

Des émotions de cette nature ne pouvaient se calmer promploment; d'ailleurs, le soin des affaires qui suivent un décès en ravivait le souvenir. Etienne s'occupa particulièrement de ses neveux, profondément affligés de la mort de leur mère, soins qui le retinrent à Paris jusqu'au 8 d'août, époque à laquelle il se décida à rentrer à Fontenay-aux-Roses, où il reprit ses travaux avec une espèce de fureur1.

L'étude n'éteint ni la douleur ni les regrets, mais elle en suspend l'action sur notre esprit, le seul remède que puisse accepter notre faible nature.

Étienne allait parfois chercher des distractions à la pépinière; il se trouvait là avec les filles de madame Billiard, jeunes encore, et de leurs amies. Le temps de ta fenaison, celui des vendanges, les fêtes du village et de ceux des environs, offraient à cette jeunesse des occasions

« L'année 1832 est l'une de celles où, malgré la gravité des événements, Étienne a le plus travaillé. Outre ses recherches et études destinées à la composition de Florence et ses vicissitudes et de l'Histoire de ta Renaissance, il publia dans le livre des Cent m/i, les Barbus d'à présent et les Barbus de 1800; au Journal des Débats, il donna vingt-six grands articles, tant sur tes arts qu'à l'occasian des embellissements de Paris, du beau et de l'utile, d'un Drame chinois, traduit par Stanislas Julien, et d'une discussion en trois parties sur l'établissement le plus favorable de YEntrepôt à Paris. Pendant les derniers mois de cette année, Étienne écrivit encore dix articles sur les représentations du Théâtre-Italien, dont la critique, qu'il exerce encore aujourd'hui, lui avait été confiée «n 1832 par M. Armand Bertin.

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