DU BBAU AKTIQUE ET DU BEAU MODERNE
aux bras, des femmes levés au-dessus de leur tête, pour dénouer leurs cheveux ou soutenir quelque corbeille. Le mérite des Grecs dans la poésie et tous les arts, est d'avoir toujours conservé la proportion humaine. Tendant à cet idéal, le plus pur et le plus certain de tous, ils arrivèrent facilement à la beauté, et firent de la matière une chose vraiment divine.
Le christianisme issu des doctrines esséniennes et juives, fut loin de sentir pour la forme cet amour passionné. Les Hébreux, comme on sait, proscrivent les images — c'est-à-dire les arts plastiques — sous prétexte qu'ils poussent à l'idolâtrie, et dans le christianisme, l'élément juif est plus considérable qu'on ne le pense : les premiers chrétiens furent presque tous iconoclastes, et les exploits des martyrs commencent toujours par le bris de quelque Vénus ou de quelque Apollon.
Pourtant, dans les Catacombes, on voit des fresques et des mosaïques chrétiennes qui empruntent, quoique gauchement, pour traduire les nouveaux symboles les procédés traditionnels de l'art antique; mais à mesurp que l'on avance, les attitudes se raidissent, les formes deviennent barbares, l'art disparait.
Remarquez que nous avons dit le christianisme, et non le catholicisme. Cette distinction est nécessaire. Sous cette doctrine, le corps non seulement n'est plus l'idéal, il est l'ennemi. Loin de l'exalter et de le glorifier, on l'abaisse, on l'avilit, on le torture, on le tue. C'était un palais, on en fait une prison. L^àme qui se manifestait doucement sous cette belle forme, s'agite et voudrait la rejeter comme la tuï^ique empoisonnée de Déjanire.
La punition devait bientôt suivre ces outrages à 1^ statue d'Adam, pétrie des mains de Dieu même,