‹ Souvenirs de vingt ans de séjour à BerlinChapitre 27 sur 60 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

Frédéric a établi une compagnie de cadets gentilshommes à ' Stolpet (en Poméranie) , une autre à Culm (dans la Prusse occidentale).

Mirabeau parle beaucoup, et toujours bien , de Brenkenhoff ; et il a raison.

Après la guerre de Sept ans , Frédéric a versé daus la seule Poméranie , cinq millions quatre à cinq cent mille livres , sans

compter les maisons , granges et étables , qu'il a fait reoâtir , douze mille trois cent vingt-sept chevaux , qu'il a fait distribuer; elle don, pour semailles, de neuf cent trente vispels en seigle, deux mille quarante-quatre en orge, et sept mille deux cent vingt-quatre en avoine. (Le vispel est de quatre boisseaux dé Paris.)

Dans la Nouvelle-Marche , il a donné plus de trois millions de livres, six mille trois cent quarante-deux chevaux, soixantehuit mille huit cent quatre-vingt-six brebis , sans compter le dessèchement de trois marais donnant quarante-quatre mille sept cent quarante-sept arpents à la culture ; deux mille cinq cent quatre-vingt-une familles, ou onze mille quatre-vingt-neuf âmes en colonies ; treize cent quinze chevaux^ sept mille six cent cinq bêtes à cornes ; deux cent dix-sept mille six cent quatrevingt-quatre écus de capital ; le tout, ouvrage du seul Brenkenhoff , page du vieux prince de Dessau , jusqu'à l'âge de vingtcinq ans ; enfant de la nature et élevé comme tel, administrateur général des finances à Dessau, et enfin conseiller privé en Prusse, où il fit faire le canal de Broenberg , et obtint et conserva la confiance de Frédéric.

En Silésie, ce roi a rebâti et embelli toutes les villes. Après la guerre de Sept ans, il a remis tous les impôts directs pour six mois, donné dix-sept mille chevaux, du blé pour les semailles et pour nourrir ceux qui se trouvaient dénués de tout ; il y a placé vingt mille sept cents colons; il y a rebâti en pierre vingt-sept villes qui ne l'étaient qu'à la polonaise; en vingt ans, il y a versé six millions deux cent mille reisdalers, et y a très-restreint le despotisme des seigneurs. I II a dépensé quatre millions cinq cent soixante-un mille deux * cents livres, à Berlin, pour bâtisses, de 1780 à 1785.

Mirabeau dit du général Winterfeld:« Militaire plus que 1 « médiocre, homme déloyal, mauvais citoyen, sujet peu fidèle <' ayant eu plus de crédit auprè ; de Frédéric que tout autre " mortel... » Tous ces faits sont exagérés, et le premier est faux.

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