VI
pas la surprise des Français, surtout, d'entendre parler, par les zouaves canadiens, la véritable langue du siècle de. Louis XIV, de les voir adorer le même Dieu qu'eux, vivre et dormir comme eux ! Ils restèrent ni plus ni moins épatés, comme dirait le zouave pontifical.
On croira peut-être que j'exagère. Je vais citer un simple trait pour dissiper tout doute :
A l'arrivée à Rome du premier contingent des zouaves canadiens, une partie de l'armée pontificale, commandée par le baron de Charette, courut à sa rencontre, à la gare des Tcrmini. Dès que l'intrépide Taillefer eût mis pied à terre, il s'approcha de notre lieutenant-colonel, qui lui adressa la parole en anglais. M. Taillefer lui répondit en français. Le baron en fût si étonné et en même temps si content, qu'il garda le silence pendant quelques minutes ; il ajouta enfin : " Comment, j'ai le bonheur de presser la main à des compatriotes ! Les Canadiens sont donc de vrais Français ! C'est splcndide ! "
Nous venons de constater que le mouvement des zouaves a eu pour résultat matériel de faire connaître et apprécier davantage notre chère patrie. Mais ce n'est pas tout le bien que cette chevaleresque croisade a produit à l'étranger. Les zouaves — -je ne crains pas de l'affirmer — ont prouvé
que la religion catholique avait au Canada des enfants dévoués ; ils ont prouvé que, malgré la conquête des Anglais, notre pays a su conserver intacte la foi de ses pères ; ils ont prouvé que le sang des saint Louis coule encore dans les veines des Canadiens-français. Voici ce que m'écrivait, l'été dernier, M. l'abbé Gingras, auteur avantageusement connu du public, en parlant de la croisade des zouaves canadiens : . -
" Cette expédition h Rome n'est-elle pas l'une " des plus belles pages de nos annales canadiennes ? " Cette expédition touchante, capable d'électriser "tout lecteur catholique, il faut travailler à la " populariser autant que possible. La papauté, au " sommet de son calvaire, en est à cette heure de " mélancolique indifférence, que le Christ a connue " sur la croix : la foule se retire ! Le peuple cana- " dien est l'un des rares disciples restés au pied de " la croix pour consoler la papauté dans son aban- " don. Il faut donc traiter avec respect tout ce " qui est de nature à retremper davantage la pro- " fonde et filiale sympathie qui attache le Canada " à l'immortel chef de l'Eglise
" L'expédition des zouaves canadiens a été un " snpcrbe clan de dévouement catJiolique : eh bien, " une nation qui, à l'instar de la nôtre, n'a pas " encore — -tant s'en faut — retiré sa main de celle
"duJChrist, ne doit jamais cesser de brûler un peu " d'enthousiasme pour cette expédition de nos " croisés qui brillera toujours , aux yeux de V histoire, " comme l'une des plus belles perles de notre couronne u nationale.''
Je termine. Mes réflexions pourraient être taxées de partialité. Mais en disant adieu au lecteur, je ne puis m'empêcher de lui faire la remarque suivante :
Ce livre n'est pas une œuvre de littérature, et je n'ai pas la prétention de me placer au rang de ces hommes privilégiés qui sont appelés à illustrer leur pays par leurs écrits. Par conséquent, soyez indulgent, et, s'il s'est glissé quelques erreurs, comme vous pourrez vous en convaincre en lisant la page suivante, vous vous direz : Le but de l'auteur étant de nous faire aimer Rome et la Papauté, nous lui pardonnons bien volontiers.
Charles E. Rouleau.
Québec, 26 octobre iSSi.
P. 4, 2ième ligne, au lieu de "fallait mieux," lisez : ''valait mieux."
P. 46, 7ème ligne, au lieu de "mises en défaut j" lisez : " prises en défaut."
P. 80, 22ème ligne, et p. 184, 6ème ligne, au lieu de " Madona," lisez : " Madonna."
P. 93, 3ème ligne, au lieu de "Je viens de nommer," lisez : "Je veux parler de."
P. 98, nème ligne, au lieu de "applaudir l'héroïsme," lisez: "applaudir à l'héroïsme."
P. 101, 7eme ligne, au lieu de "alla se nicher," lisez: "se retira. "
P. 110, 23ème ligne, au lieu de "Port» inferi adversus eam non prœvalebunt, " lisez: "non prœvalebunt adversus eam."
P. 160, 3eme ligne, au lieu de "où le corps de J. C. est exposé," lisez : " où l'Hostie sainte est exposée."
P. 184, 2cme ligne, au lieu de "qui gladio ferit, etc.," lisez: "omnes enim qui acceperint gladium, gladio peribunt."
P. 189, I5eme ligne, au lieu de "Quam bonum, etc.," lisez : " Ecce quam bonum, etc., etc."
P. 193, 2lème ligne, au lieu de "sans savoir qu'il se tiouvait," lisez : " sans savoir quelle se trouvait." -•
P. 194, dernière ligne, au lieu de " foudroyée par la foudre," lisez : " terrassée par la foudre."