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pétit. Notre repas terminé, la consigne fut levée, et une permission générale fut accordée, à tous ceux qui n'étaient pas de service, d'aller où bon leur semblerait, pourvu qu'ils fussent de retour à quatre heures P. M.; c'était l'heure fixée pour notre départ. Bien que je fusse très fatigué, je profitai de l'occasion pour visiter en gros les villes d'Albano, d'Aricia, de ÆCastel-Gandolfo et de Marino.
La ville d'Alban6, située à 7 lieues au sud-est de Rome, est assise aux pieds des Monts-Algides —montagnes du Latium-—-ou mieux au pied du Mont-Cavo, sur les ruines d’Albe-la-Longue qui fut, dit-on, fondée par Ascagne, fils d'Enée, et détruite par Tullus Hostilius. Les rues de cette ville sont larges et propres ; les édifices paraissent tres riches et sont, pour la plus grande partie, d’une construction moderne. Aussi, pendant la saison des chaleurs tropicales,un grand nombre de familles romaines viennent-elles fixer leur séjour en cette ville. On y admire plusieurs villas splendides appartenant à des princes ou à des ducs. Albano rappelle un souvenir bien cher aux catholiques. Saint Bonaventure a embaumé ces lieux du parfum de ses vertus. Ce grand saint avait été nommé à l'évêché suburbicaire.
À deux milles d'Albano, on rencontre la
moderne Âricia, qui est perchée sur le sommet d'un rocher. Cette ville a été fondée 200 ans avant la guerre de Troie par Archiloque de Sicile. C'est là qu'est née Atia, mère d'Auguste. Si je ne me trompe pas, Horace n'aimait pas trop Aricia, à cause des oignons qu’elle produisait en grande abondance.
Castel-Gandolfo s'élève aussi sur les ruines d'Albe-la-Longue ; car Albe renfermait tout le terrain occupé aujourd'hui par Albano et Castel- Gandolfo. Cette dernière se trouve au nord-ouest, et à un mille environ de la première. C'est encore une ville moderne et d’une assez belle apparence,
A l'est de Castel-Gandolfo, et à une courte distance, on voit un joli petit lac qui est enchâssé entre des rochers escarpés et couronnés d'arbres touffus. Ce lac est, dit-on, le cratère d'un ancien volcan, Je n'ai pas de peine à le croire, car le terrain avoisinant est un terrain volcanique et à mille formes diverses, tel qu'on le remarque ordinairement dans les environs d’un volcan. Ce lac a la forme d’une ellipse dont le grand axe mesure environ 2 milles et demi, et le petit axe, quinze à dix-huit arpents. La direction du grand axe est du nord au sud. Généralement on le désigne
sous le nom de lac d’Albano, pour la raison bien simple qu'it s'étend au-delà de cette ville, et que le
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foyer de l'ellipse se trouve vis-à-vis d’'Albano même.
Marino est à un mille et demi au nord-est de Castel-Gandolfo. Cette ville présente le même aspect que sa voisine. Je ne connais aucun fait historique qui se rapporte à Marino. Une petite réminiscence pourtant à signaler :
Lorsque j'étais élève de rhétorique, il me semble avoir lu dans Horace qu'il aimait beaucoup le vin de Marino et qu'il en avait dans sa cave une assez grande quantité, âgé de cinquante ans au moins. Mais je ne puis affirmer si c'est la même ville ; on peut toujours le croire en attendant qu'on nous prouve le contraire.
Laissons Horace avec son dieu Bacchus, et retournons à Albanc où le clairon nous appelle, Les rangs se forment ; le capitaine donne le mot du commandement “ peloton en avant, marche,” et nous marchons. L’ami C. G. Bertrand chante “ Par derrière chez ma tante,” etc. et quand il est fatigué, le zouave Pepin entonne sa chanson favorite “ Houp, houp sur la rivière.” Le’ temps passe vite. La gaîté la plus franche règne parmi nous ; nous n’éprouvons aucune fatigue, et nous entrons dans notre camp aussi frais et dispos que le matin,
À six heures, nous étions nonchalamment étendus sous nos tentes, fumant une fendre pipe démocratique et sociale, comme dirait Sans-AUumette.
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Un autre jour, nous avons fait une ‘“ petite guerre ” à Rocca-Priora, l'ancienne Corbion, située à l'est et à deux heures de marche du Camp d'Annibal. Pour parler le langage militaire, cette ville est une sale ville. Les habitants m'ont paru extrêmement pauvres. Mais rendons à César ce qui appartient à César : Rocca-Priora occupe une position des plus splendides. Comme un nid d'oiseau, elle est bâtie sur le sommet d'une haute montagne. Placé sur un vaste plateau qui se trouve au septentrion de Rocca, j'ai vu et compté dix-neuf villes ou villages sans changer de place. Ce n'est pas mal comme vous voyez. A part son
site, je ne connais rien en cette ville qui puisse intéresser.
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