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nada, on s'éloigne joyeusement de la patrie pour aller chercher fortune sur une terre étrangère, où bien souvent l'exilé ne rencontre que déboires et contrariétés. Le Romain n’est pas atteint du mal de l’'émigration ; il est casanier ; il vit et meurt dans sa famille, entouré de tous les êtres qui lui sont chers. Pourvu qu'il soit à l'ombre du dôme de Saint-Pierre, il est heureux et ne manque de rien.
La charité du peuple romain apparaît dans toute sa splendeur dans les nombreuses confréries établies pour le soulagement des pauvres, la conversion des pécheurs, la dotation des filles d'ouvriers et des orphelines ; en un mot la charité romaine brille dans tout ce qui est souffrant et malheureux. On compte environ quatre-vingts confréries dont la mission est de consoler l’humanité souffrante, Qui n'a pas entendu parler de la Confrérie de la Mort, chargée de donner la sépultureaux cadavres trouvés dans la campagne pendani les grandes chaleurs de l'été ou dans le Tibre qui cause parfois des désastres épouvantables, quand ce fleuve franchit ses digues ? Qui ne connaît pas la Confrérie de Saint-Jean-Décapité, instituée pour consoler les condamnés à mort, pour les assister à leur dernier moment, et pour prier pour le repos de leur âme ? Et que dire des hospices de Saint-Michel, de Sainte-Marie des Anges, du Tata-Giovanni, de
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Gallican, de l'asile Barberini
comme la charité est la vie de Rome.
Nous venons d'étudier le peuple romain sous le rapport religieux, et nous avons remarqué que c'est un peuple de foi et de charité. Pour se con vaincre de la vérité de cette proposition, il ne suffit que d'ouvrir les yeux.
Si nous maintenant Rome
parcourons pour étudier les mœurs et les usages du peuple romain, nous constaterons l'absence des maisons de jeu, des tripots et d'autres divertissements qui font bien souvent la honte et le déshonneur d'une nation, qui sont la source d'une foule de crimes, le suicide et le duel entre autres, et qui jettent des milliers de familles sur le pavé. Ces jeux criminels sont défendus par l'Eglise, et le peuple romain obéit à l'Eglise, Pour lui, le jeu n'est qu'un divertissement innocent, un délassement de l'esprit, et non pas une cause de désœuvrement, de démoralisation, de ruine et de damnation. Jouer c'est se recréer, c'est donner de la force à l’intelligence ; jouer, c'est refroidir le cerveau enflammé par des efforts continuels ; jouer enfin, c'est se
reposer dans le Seigneur. Voilà comment le