‹ Souvenirs de voyage d'un soldat de Pie IX [microforme]Chapitre 5 sur 54 · UN VOYAGEUR · texte numérisé non relu

UN VOYAGEUR

A la même date de cette correspondance, mais à deux heures et demie de relevée, je fais mon entrée triomphale dans Portland, et une demi-heure plus tard, je suis sur le Pelgian, steamer de la ligne Allan, en destination de Liverpool. Je n'ai donc pas eu le temps de visiter cette ville américaine. J'en ai une idée bien vague ; une vue d’ensemble m'est restée gravée dans la mémoire, et voilà tout.

Le vingt-six, le temps est on ne peut plus splendide. L’océan atlantique est aussi calme que notre majestueux St-Laurent dans les plus beaux jours de l'été. Je me promène sur le pont du bâtiment pendant que les ministres luthériens-—nous en avons trois à bord-—pérorent dans le salon devant quelques auditeurs de la même secte et s'évertuent à leur faire comprendre qu'avec la bible seule on peut escalader le ciel. Quant à moi, je me disais qu'il fallait mieux voguer dans la barque de Pierre, si nous voulons arriver au vrai port de l’Eternité. Mes protestants —bons garçons du reste—ont consacré ur.e grande partie de l’avant-midi du dimanche à la lecture de leur

A | . \ , Pâquet et bible. Le dimanche à bord d'un steamer ! Quelle

M triste journée! C'est alors que vous regrettez le clo- GEUR ” * … cher de votre village. C'est alors que vous pensez au 1 vénérable curé qui vous a ouvert la porte du ciel lé

ance, mais fais mon ? la première fois à la Sainte-Table, qui vous visite,

* par la grâce du baptême, qui vous a conduit pour

emi-heure “# vous console, vous bénit et vous pardonne. Mille

À mer de la } réflexions de ce genre me traversèrent l'esprit. Je

LL Je n'ai .* pensais encore aux fêtes religieuses qui se célèlle améri- brent au Canada avec tant de pompe, aux chants

se Le : î A Licence vue d’en- sacrés qui font retentir la voûte de nos églises,

| ; jé mp er émoire, et ! : AUX accords harmonieux de l'orgue qui réjouis sent l'âme, et aux tintements des cloches qui

. NN nous invitent à élever nos cœurs vers la Divinité. peut plus » .

Je me transportais, par la pensée, dans la cathé-

fie hédis le drale de Québec, et je me disais : aujourd’hui,

t du bât: à pareille heure, mes anciens confrères sont aUI- <

calme que

agenouillés au pied de la statue de la sainte ns—nous à ‘? P

FR . "1 is aan Vierge, et adressent les prières les plus ferventes \ . . . Mode v5s à Celle qui guide le voyageur à travers les écueils. Comme vous le savez, nous étions dans le mois aavec la

: dédié à Marie. Cette pensée me consola.

Quant à

uer dans Vers le soir, le vent augmente; à de légères

rriver au # Oondulations ont succédé des flots irrités qui pren-

ts—bons nent tour à tour la forme d’une colline ou d’un

vallon. Mais n'allez pas croire que nous sommes

de partie

de leur en danger, et que notre agile bâtiment craint de

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