‹ Souvenirs diplomatiquesChapitre 105 sur 198 · M. DE BENNIGSEN A MUNICH · texte numérisé non relu

M. DE BENNIGSEN A MUNICH

s'en aperçoit. La Prusse est forcée de recourir aux grands moyens; elle appelle M. de Bennigsen à Versailles. C'est donner aux nationaux, dont il est le chef, l'importance d'un pouvoir dans l'État. Peu importe, leur assistance est indispensable pour impressionner les souverains qu'ils ont discrédités, avilis, et pour leur imposer les conditions formulées par M. de Bismarck.

Ces conditions ne sont pas les mêmes pour tous. Il y a des degrés dans l'assujettissement. Le grand-duc de Bade et le grand-duc de Darmstadt entreront dans la Confédération avec armes et bagages, sans réserve, comme de simples préfets. On laissera au Wurtemberg ses postes et ses télégraphes ; le roi Charles pourra correspondre à son aise avec Pétersbourg sans être soumis au contrôle prussien. La Bavière n'est pas d'aussi facile composition ; les télégraphes et les postes ne lui suffisent pas, elle veut aussi sauver son autonomie financière, sa représentation diplomatique, l'indépendance de son armée ; elle réclame, en un mot, une situation privilégiée au sein du futur empire, dans le genre de celle qu'on lui a laissé, entrevoir jadis, et dont M. de Bismarck affecte de ne plus se souvenir aujourd'hui.

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