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LE COMTE DE BRAY

M. cle Bray \ que le roi Louis a tardivement appelé dans ses conseils, se défend pied à pied. Il sait que sans lui on ne peut rien, qu'il est le dispensateur de la couronne impériale qu'il tarde au roi Guillaume déplacer sur sa tête. Il est vrai qu'il a à ses côtés le ministre de la guerre, le général de Pranck, plus soucieux des convenances du cabinet de Berlin que du sort de la Bavière. Aussi cherche-t-on à les opposer l'un à l'autre, à éveiller les jalousies du ministre des affaires étrangères, en insinuant que le ministre de la guerre est en réalité l'âme du cabinet, le véritable président du conseil. Cela n'empêche pas M. de Bray d'être officiellement l'objet des soins les plus déférents et des protestations les plus cordiales. Caresser et menacer à la fois est

1. Le comte de Bray a aujourd'hui près de quatre-vingts ans; il a repris, après la guerre de 1870, ses fonctions de ministre de Bavière auprès de la cour de Vienne. Voici le portrait qu'en trace dans ses tablettes M. Busch : « Bray est grand, maigre; il porte de longs cheveux plats, collés sur ses tempes qui, de là, vont derrière ses oreilles; sa barbe tout entière est rasée, à l'exception de courts et maigres favoris, ii a des lèvres minces, des mains très maigres et des doigts d'une longueur prodigieuse. Il parle peu, répand autour de lui une atmosphère glaciale et ne se sent pas très à Taise à Versailles. Partout ailleurs, il pourrait se faire passer pour un Anglais. Il est aussi peu national que possible. »

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