‹ Souvenirs diplomatiquesChapitre 121 sur 198 · LXXII · texte numérisé non relu

LXXII

2 Novembre 1870.

Le fait de la capitulation de Metz, bien que prévu depuis le 18 août par tous ceux qui ont vu, et avec raison, dans la bataille de Gravelotte, un effort suprême tenté par le maréchal Bazaine pour se frayer un passage à travers les lignes ennemies, n'en a pas moins, sous la première impression, éveillé des idées de trahison *. Il a semblé, en effet, incompréhensible qu'une armée de 130,000 hommes valides, appuyée à une place forte de premier ordre, commandée par d'habiles généraux, protégée par une inondation et des forts détachés, n'ait pu réussir à sortir du

1. Proclamation de M. Gambetta. — « Le général sur qui la France comptait, même après l'expédition du Mexique, vient d'enlever à la patrie en danger plus de cent mille défenseurs. Bazaine a trahi ; il s'est fait le complice de l'envahisseur, et, au mépris de l'honneur de l'armée dont il avait la garde, il a livré, sans même essayer un suprême effort, cent mille combattants, vingt mille blessés, les fusils, les canons, les drapeaux et la plus forte citadelle de la France. — Un tel crime est au-dessous même des sentences de la justice. »

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