‹ Souvenirs diplomatiquesChapitre 122 sur 198 · APPRÉCIATIONS DE LA PRESSE ÉTRANGÈRE · texte numérisé non relu

APPRÉCIATIONS DE LA PRESSE ÉTRANGÈRE

cercle où l'enfermaient 200,000 hommes, répartis sur une ligne trop étendue pour être partout également inviolable. Ce qui donnait, il faut bien le dire, à ces soupçons une grande autorité, c'est la mission secrète que le général Boyer était allé remplir à Versailles et à Londres, en dehors du gouvernement de la Défense nationale. Mais la réaction n'a pas tardé à se produire et à se manifester dans les organes les plus accrédités de l'opinion publique à l'étranger.

Le Journal de Genève, entr'autres, dont la rédaction militaire s'est distinguée, dès le début de la guerre, par le jugement le plus éclairé, loin de céder à ces entraînements, s'est appliqué, dès la première heure, dans un long article, à démontrer que l'armée avait dû capituler devant un ennemi qui ne pouvait être vaincu : la famine *.

Les appréciations du Journal de Genève sont ratifiées par la plupart des journaux suisses ; elles le sont également, dans leur ensemble, par les journaux allemands, qui, bien qu'enivrés par le

1. Lettre du général Boyer. — « Nous n'avons pas capitulé avec l'honneur, nous n'avons pas capitulé avec le devoir, nous avons capitulé avec la faim. »

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