DISSENTIMENTS AU QUARTIER GÉNÉRAL
pays. Pas un parti ne veut s'exposer à conclure la paix, parce qu'ils craignent tous qu'en s'y prêtant ils ne s'exposent à perdre leurs chances pour l'avenir. »
C'est sur ce thème, expédié du quartier général, que brodent en ce moment toutes les feuilles qui reçoivent leur mot d'ordre de Berlin, sans qu'aucun journal indépendant ose avouer que, si les négociations de Versailles ont échoué, cela tient moins au mauvais vouloir des négociateurs français qu'à l'obstination des états-majors allemands, qui ne se prêteront à aucun arrangement tant que le problème qu'ils se sont posé ne sera pas victorieusement résolu. C'est à Paris, je l'ai dit souvent, qu'ils entendent consacrer la grandeur de leurs succès et la profondeur de notre défaite. Sur ce point, malgré les dissentiments qui éclatent parfois entre le cabinet militaire et le cabinet politique du roi, tout le monde est en parfait accord au quartier général. Il suffit, pour s'en convaincre, de lire la lettre que le chancelier écrivait à la comtesse de Bismarck au moment même où, à la face de l'Europe, il protestait de ses sentiments d'humanité. Tandis que, dans son mémorandum, il appelait en