LE COMTE DE BEUST ET LE PRINCE GORTSCHAKOFF
toutes les clauses de la paix de Paris ; qu'il était tout disposé à s'entendre avec les puissances signataires pour procéder avec elles, si elles le jugeaient utile, à la re vision de l'ensemble du traité. M. de Beust aurait fait bonne contenance en face de ces déclarations inattendues. Il aurait répondu qu'il regret! ait d'autant plus la détermination de la Russie, qu'elle aurait pu atteindre d'une manière plus régulière, avec l'assentiment des autres puissances, le but qu'elle poursuivait séparément. Il n'aurait pas nié ni amoindri les offres qu'il avait faites au cabinet de Pétersbourg, dès son avènement au pouvoir, dans une pensée de réconciliation et dans un sentiment de justice ; mais, en se montrant disposé à faciliter à la Russie les moyens de recouvrer la liberté de ses mouvements dans la mer Noire, il s'était flatté qu'une modification aussi importante au traité de Paris serait soumise à un congrès et sanctionnée par toutes les puissances signataires. Les arguments invoqués par la circulaire, auraitil ajouté, ne laissent pas que d'être dangereux ; car on pourrait, en les invoquant, arriver successivement à déchirer le traité tout entier. 11 aurait dit enfin que l'Autriche n'ayant pas seule