‹ Souvenirs diplomatiquesChapitre 169 sur 198 · L'AVENIR DE ^ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

L'AVENIR DE ^ALLEMAGNE

sont jusqu'à nouvel ordre réléguées au second plan.

Mais le réveil ne sera que plus vif, orsque, après être sorti de l'enivrement des victoires, on s'apervra que la guerre, au lieu de consacrer l'établissement définitif de la liberté et de l'unité, n'aura servi qu'à fortifier l'action du pouvoir central et les intérêts dynastiques. Quelles que soient les précautions que prend aujourd'hui le gouvernement prussien avec ses alliés, pour se garantir contre les empiétements du parlementarisme, et se réserver îa fixation de son budget militaire, sa grande préoccupation, il aboutira néanmoins, tôt ou tard, à un ministère fédéral responsable, et par conséquent à l'avènement du tiers état.

C'est pour se prémunir contre cette éventualité, dangereuse pour son influence jusqu'à présent prépondérante dans l'État, que le parti militaire poursuit la guerre à outrance, et que la diplomatie prussienne voudrait arriver, moins à la conclusion d'une paix durable et solide, impliquant le désarmement, qu'à une trêve menaçante, exigeant le maintien des charges militaires. Ce n'est qu'à cette condition que M. de Bismarck pourra conserver la dictature qu'il s'est assurée

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dans la constitution fédérale et tenir tête dans son futur parlement aux libéraux du Nord et du Midi. La politique prussienne n'a pas d'autre mobile et ce n'est pas trop s'avancer de croire que ce sont surtout les idées développées par la Gazette de la Croix, qui président, en ce moment, dans les conférences de Versailles, à la transformation de l'Allemagne.

XGÏV

L'alliance entre la Prusse et l'Autriche n'est pas encore, tant s'en faut, un fait accompli; mais on ne saurait nier qu'elle compte à Vienne, aussi bien qu'à Berlin, de nombreux et d'influents partisans ; M. de Beust, malgré ses antécédents, n'a plus d'autre souci qu'un rapprochement entre les deux pays. On remarque, en effet, que ses journaux insistent beaucoup, depuis quelque temps, sur les dangers de la Révolution et sur la nécessité, pour les gouvernements, de s'unir entre eux, au nom des intérêts conservateurs

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