LA QUESTION DE NICE ET DE LA SAVOIE
22 septembre 1870.
La Prusse ne se contente pas de nous arracher l'Alsace et la Lorraine, elle s'attache à compromettre nos rapports avec nos voisins clans le présent et pour l'avenir en s'adressant à leurs ambitions territoriales. Dès le début de la guerre elle a essayé de soulever la question de Nice et de la Savoie ; mais les incitations de sa diplomatie sont restées sans écho à Florence et à Berne. Le gouvernement italien a craint de provoquer l'indignation de l'Europe, en venant, après s'être emparé de Rome, au mépris de la convention du 15 septembre l, réclamer encore
1. Entrelien de M. Nigra avec M. Jules Favrc, le 6 septembre 1870. — « Je suis chargé officiellement de vous faire savoir que mon gouvernement ne peut plus supporter le statu quo en ce qui concerne Rome. Nous sommes dans la nécessi'é d'occuper Rome, noire honneur et noire intérêt nous le commandent. » — «Je ne dénoncerai pas la convention du 15 septembre, je ne l'invoquerai pas non plus, répondit M. Jules Favre. Je ne peux ni ne veux rien empêcher. Mais il est bien entendu que la France ne vous donne aucun consentement. » — M. Nigra revint à la charge le