‹ Souvenirs diplomatiquesChapitre 174 sur 198 · LA COURONNE IMPÉRIALE · texte numérisé non relu

LA COURONNE IMPÉRIALE

Le comte de Bray, sans rien exagérer, avait le sentiment de sa force et de ses devoirs ; il ne s'est laissé impressionner ni par les adulations ni par les menaces ; il a repoussé les conditions qu'il a jugées attentatoires à l'indépendance de la Bavière. Il a bien mérité de son souverain et de son pays. Il a eu raison de M. de Bismarck qui, dès le début des négociations, avait déclaré qu'il ne démordrait pas d'une constitution qui fonctionnait depuis quatre ans, à la satisfaction de tous ses confédérés ; qu'il n'en altérerait pas le mécanisme par de nouvelles complications; qu'elle était à prendre ou à laisser. M. de Bray, il faut bien le dire, avait, pour vaincre les résistances de son redoutable adversaire, un argument décisif : Ja couronne impériale, l'objet des convoitises ardentes du roi Guillaume. Comment, en effet, constituer l'Empire germanique sans l'assentiment de la Bavière? Le succès n'était pas douteux; pour l'emporter, il suffisait d'un peu de persévérance1.

1. C'est sur l'initiative du roi de Bavière, qui, dans un accès de lyrisme, avait appelé le roi de Prusse « Guillaume le Victorieux », que S. Al. Prussienne fut invitée par les souverains allemands à prendre le titre d'empereur d'Allemagne. Les Chambres

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