LES GARANTIES ASSURÉES A LA BAVIÈRE
Il est donc permis d'admettre, à défaut de données officielles, que les traités signés le 23 novembre à Versailles, à la veille de l'ouverture du Parlement, assurent à la Bavière toutes les garanties qu'elle demandait, pour mettre ses institutions et son armée à l'abri de dangereux empiétements 4 .
bavaroises ne ratifièrent néanmoins les traités signés à Versailles qui assuraient aux États du Midi leur entrée dans la confédération germanique, qu'à la majorité de 102 voix contre 48, le 21 janvier 1871, longtemps après la proclamation de l'Empire.
1. Maurice Busch. — a Enfin le traité bavarois est terminé, signé, disait M. de Bismarck avec émotion. Apportez une bouteille de Champagne, c'est un événement. Que serait-il arrivé si je m'étais obstiné el si rien ne s'était conclu? Mes inquiétudes étaient mortelles. Les journaux ne seront pas contents, ils diront: « L'imbécile aurait pu obtenir davantage. » Mais j'ai voulu que les Bavarois fussent satisfaits. Qu'est-ce qu'un traité quand on le subit? Je n'ai pas voulu les mettre à la torture, exploiter la situation. Le mécontentement de la Bavière eût montré la fente où l'on pourrait mettre le coin pour affaiblir l'unité d'abord et la détruire ensuite. Le traité a des lacunes, il n'en est que plus solide. C'est le résultat le plus important auquel nous soyons arrivés dans ces dernières années. J'ai fait accepter le titre d'empereur aux Bavarois, en leur montrant qu'il serait plus aisé à l'amour propre de leur souverain de s'accommoder avec un empereur d'Allemagne qu'avec un roi de Prusse. C'est, en somme, la question de l'Alsace qui a fait pencher la balance. Il fallait une personnalité politique pour la revendiquer; elle ne pouvait être réclamée à la France qu'au nom et en faveur de l'Allemagne »