LE ROI DE PRUSSE ET LE GOUVERNEMENT PROVISOIRE
sont accomplis le 4 septembre. « Je ne veux » rien savoir de la République, aurait-il dit; j'en- » tends conserver à l'empereur la place et l'ar- » mée que je commande *. »
En reproduisant avec complaisance cette réponse, dont l'authenticité est loin d'être établie, les journaux allemands pourraient bien n'avoir d'autre but que d'encourager la guerre civile en plaçant deux gouvernements en face l'un de l'autre. La diplomatie prussienne aurait beau jeu dans ce cas ; elle les tiendrait par les mobiles les moins avouables ; elle mettrait la paix aux enchères et ne traiterait qu'avec le plus offrant2.
1. « Bazainenevous appartient pas, disait M. de Bismarck à Jules Favre au château de Ferrières. J'ai de fortes raisons de croire qu'il reste fidèle à l'empereur et, par là môme, qu'il refuse de vous obéir. »
2. « Les délégués avaient grand'peur de s'engager dans une négociation avec la Prusse et de paraître capituler avec leurs principes; ils craignaient davantage une restauration de l'Empire, ils tenaient à ne pas se laisser prévenir par les bonapartistes ». — Albert Sorel.
27 Septembre 1870.
Les bruits que l'on fait courir sur de nouveaux armements en Prusse ne paraissent pas fondés. Plus de 600,000 hommes occupent en ce moment notre territoire ; ces forces seraient plus que suffisantes. Loin de faire de nouvelles levées, on renverrait dans leurs foyers les hommes de trentedeux ans de la réserve qu'on est en train d'organiser. Les états-majors disposent d'ailleurs pour assurer le succès à leurs opérations de deux corps d'armée en formation depuis quelques semaines dans le midi de l'Allemagne, et dont l'un, sous le commandement du général Vogel de Faikenstein, vient de passer le Rhin, en face de Mulhouse; ils auront de plus prochainement sous la main une grande partie des corps d'armée qui assiégeaient Toul et Strasbourg et dont l'effectif s'élèverait à près de 80,000 hommes.
Rien ne transpire d'ailleurs dans la presse sur les opérations projetées. Les journaux allemands