LES REVENDICATIONS TERRITORIALES
protesté contre les annexions violentes, le pétitionnement organisé au Nord et au Sud pour réclamer des gouvernements alliés des garanties territoriales, le manifeste de M. de Sybel et surtout le langage des journaux inspirés sont de fâcheux symptômes. Ils permettent de craindre que des résolutions inquiétantes pour l'intégrité de notre sol n'aient été prises d'une façon irrévocable dans les conseils du roi du Prusse. — Les correspondances de la Gazette de Cologne, qui, dans les grandes occasions, reflètent presque toujours la pensée du cabinet de Berlin, ne sont rien moins que conciliantes. Elles disent que la contribution de guerre dont nous serons frappés ne saurait être portée à un chiffre trop élevé, et que l'Allemagne reprendra les provinces qui lui ont été arrachées; elles ajoutent que M. de Bismarck ne permettra pas à M. Jules Favre de se servir de ses entretiens pour dénoncer à l'indignation de l'Europe les passions belliqueuses de
la Prusse et sa soif de conquête * alors qu'elle
1. M. Jules Favre, dans sa proclamation du 27 septembre, disait au retour de Ferrières:
« Je cherchais la paix, et j'ai rencontré une volonté inflexible de conquête et de guerre. Je voulais la possibilité d'interroger la France, et il m'a été répondu qu'il fallait passer sous les