M. DE BISMARCK ET LES ÉTATS DU MIDI
détriment du Saint-Empire. — M. de Bismarck a pratiqué les cours allemandes, il connaît leurs côtés vulnérables ; c'est en ménageant leur amour-propre, en évitant toute pression ostensible qu'il compte les amener à ajouter aux sacrifices de la guerre, le plus grand de tous, celui de leur indépendance. Aussi se garde-t-il de formuler des conditions. Il fait semblant de consulter les gouvernements et de laisser à chacun le soin d'exposer ses idées au sujet de la reconstitution de l'Allemagne. Il insinue toutefois, officieusement, que son œuvre, la constitution fédérale, a toutes ses préférences, qu'elle a fait ses preuves depuis quatre ans, qu'elle semble répondre aux espérances, aux besoins de tous ses confédérés du Nord ; il craindrait de les mécontenter si on voulait y introduire des modifications qui en altéreraient le caractère ; il se préoccupe aussi de l'opinion publique en Prusse : il l'indisposerait, s'il compromettait, par des concessions excessives, la prépondérance légitime du cabinet de Berlin au sein du Conseil fédéral. C'est en les prenant de la sorte, en ménageant leurs susceptibilités, toujours en éveil, qu'il a calmé les cours du