L'ATTITUDE DU WURTEMBERG
financières et douanières, elles soulèvent de part et d'autre de nombreuses discussions, qui ne sont pas à la veille d'être résolues.
Rien n'indique que le Wurtemberg partage les répugnances de la Bavière et qu'il s'associe avec ardeur aux démarches du comte de Bray. Il semble résigné; peut-être sa résignation n'est-elle qu'apparente. M. de Varnbùhler est « ondoyant et divers » ; il évite de dire son dernier mot. Le Souabe, dont il personnifie le savoir-faire, est, de tous les Allemands, le plus avisé. « Le Badois, dit le proverbe, vaut deux juifs, et le Wurtembergeois quatre Badois. » M. de Varnbùhler invoquait, après Sadowa, l'assistance des pantalons rouges, il proteste aujourd'hui à Berlin de ses sentiments germaniques. Il n'entend pas se compromettre avec le plus fort, il laisse ce soin à d'autres. Si M. de Bray obtient des concessions, il s'en prévaudra, sinon il livrera à la Prusse, sous le couvert d'un ardent patriotisme, sans réserve, sans scrupule, le peu d'indépendance que la guerre de 1866 a laissé à son pays.
184 l'autrichi et le TRAITÉ DE PRAGUE
7 Octobre 1870.
Le cabinet de Vienne suit avec une attention vigilante les négociations qui se poursuivent entre les cours du Midi et le cabinet de Berlin. S'il évite d'exercer à Munich et Stuttgard une action qui le compromettrait aux yeux de M. de Bismarck, il cherche du moins à rappeler l'existence du traité de Prague, et à retirer de sa transgression quelques avantages pour sa politique. Il reconnaît sans peine que la transformation de l'Allemagne, sur des bases nouvelles, est une conséquence inévitable et logique des événements qui sont en voie de s'accomplir. Mais il hésite à formuler les conditions de son acquiescement. Il ne désire assurément pas, comme on le voudrait à Munich et à Stuttgard, se rattacher à l'empire germanique, avec ses provinces allemandes Mais peut-être poursuit- il une entente intime, impliquant des garanties territoriales et une politique commune en Orient. Ce qui est