LES JUSTIFICATIONS DU COMTE DE BEUST
certain, c'est que M. de Beust tient à se faire bien venir à Berlin ; il essaye, dans les journaux qu'il a l'habitude d'inspirer, de justifier les ambiguïtés de sa politique ; il se fait représenter avant tout comme un homme d'État réaliste, sans préjugés, n'ayant en vue que les intérêts positifs de la monarchie autrichienne. Il a cherché, sans contredit, à nouer des relations cordiales avec la France ; mais il se serait toujours refusé à une alliance offensive et défensive, bien que le cabinet des Tuileries lui ait offert d'énormes subsides de guerre : un milliard, dit- on. Il n'aurait pas moins su résister aux entraînements du parti militaire autrichien, et, conséquent avec lui-même, il serait parvenu à réduire la neutralité de l'Autriche à la plus extrême passivité. En se bornant à compléter l'effectif de l'armée sur le pied de paix, il aurait permis à la Prusse, qui ne saurait l'oublier, de dégarnir entièrement ses frontières orientales. Ceux qui, à Berlin, réclament comme condition préalable d'une entente intime entre les deux gouvernements,» la retraite de M. de Beust, seraient donc bien mal inspirés ; ils méconnaîtraient ses tendances véritables et les services qu'il a rendus à la cause allemande.