‹ Souvenirs diplomatiquesChapitre 58 sur 198 · L'ALLEMAGNE AVANT LA GUERRE · texte numérisé non relu

L'ALLEMAGNE AVANT LA GUERRE

l'incident espagnol. Il est évident que la question allemande n'a pas été comprise en France. On s'est exagéré l'intensité du mouvement unitaire, sans tenir compte des tendances particularistes des États méridionaux et de leur force de résistance *. La question qui se débattait alors en Allemagne était cependant assez nettement posée. Il s'agissait moins de l'unité germanique que de la lutte entre le système féodal militaire de la Prusse et les aspirations libérales et constitutionnelles du Midi. Les chambres, en Bavière et en Wurtemberg, protestaient, plus ou moins ouvertement, contre les traités d'alliance; elles cherchaient à s'y soustraire, ou du moins à les rendre illusoires en refusant les crédits nécessaires pour leur exécution éventuelle. C'est ce qui ressortait de toutes les correspondances diplomatiques d'Allemagne; c'est ce qu'écrivaient M. de Cadore de Munich, M. de Saint-Vallier de Stuttgard et M. de Mosbourg de Carlsruhe. La diplomatie française, si

1. « Dans le Sud, disait M. de Bismarck au Reichstag, dans la séance du 16 avril 1869, le besoin de l'unité est si peu ressenti qu'on s'y tourne ouvertement vers l'étranger. »

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