‹ Souvenirs diplomatiquesChapitre 59 sur 198 · LA DIPLOMATIE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

LA DIPLOMATIE FRANÇAISE

décriée par M. de Bismarck \ et, après nos désastres, si malmenée par notre presse, avait le sentiment du devoir ; elle s'inspirait de nos vieilles traditions, et, sauf la petite école qui se groupait autour du prince Napoléon, elle déplorait la politique des nationalités, elle voyait avec chagrin l'empereur se compromettre avec M. de Cavour et se commettre avec M. de Bismarck; elle appréhendait des catastrophes. Elle n'a été pour rien dans les déviations de notre politique ; si elle a prévu la guerre, elle ne l'a pas encouragée. Jamais elle n'a admis que la lutte, imminente depuis 1866, entre la France et la Prusse, s'engagerait sur une question de procédé, sur un incident de la politique générale. Elle pensait que, le jour où la Prusse franchirait la ligne du Mein, le cabinet de Vienne, appuyé sur la France, la rappellerait au respect du traité de Prague, et elle était convaincue que l'intervention de l'Autriche aurait pour conséquence

1. Circulaire de M. de Bismarck. Berlin, 29 juillet 1870. a Si les agents diplomatiques français avaient été capables d'observer les choses en Allemagne, on ne se serait jamais livré, à Paris, à l'illusion que la Prusse laisserait à la France le droit d'intervenir dans les affaires allemandes et de les régler. Mais vous savez combien ils sont ignorants en ce qui concerne l'Allemagne. »

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