‹ Souvenirs diplomatiquesChapitre 60 sur 198 · LE MINISTÈRE OLLIVIER · texte numérisé non relu

LE MINISTÈRE OLLIVIER

forcée la neutralité, sinon la coopération des États du Midi, dont elle se constituerait le défenseur. C'était la politique du comte Daru et celle de M. Emile Ollivier !. Ils comprenaient l'un et l'autre, j'ai pu m'en convaincre, qu'il y avait tout avantage, pour nous, d'affecter un grand désintéressement au sujet de la transformation de l'Allemagne, et qu'il importait de rejeter

1. M. Emile Ollivier, lors de son intérim au ministère des affaires étrangères, voulut bien approuver un de mes rapports qui concluait en ces termes : « Ce serait donc, à mon avis, mal comprendre la crise allemande que de vouloir sortir de notre réserve en face d'un pareil état de choses, à la veille de trois élections : au Parlement du Nord, au Parlement douanier et à la seconde Chambre prussienne, pour soulever des questions qui auraient le grave inconvénient de raviver le sentiment national aujourd'hui si affaibli. L'abstention la plus complète me paraît plus que jamais de circonstance; car elle condamne la politique prussienne à s'user dans la lutte des partis, dont les exigences, comme je le faisais ressortir dans de précédentes dépêches, s'accentuent de plus en plus. »

Dépêche de M. Emile Ollivier, 26 avril. — « J'ai reçu la dépêche que vous m'avez fait l'honneur de m'adresser sous le n° 152, à la date du 19 de ce mois. Les appréciations qu'elle renferme sur la situation générale de l'Allemagne et les tendances des partis m'ont paru fort judicieuses. J'attache beaucoup de prix à tout ce qui peut nous éclairer sur la marche des affaires allemandes. Vous pouvez donc être assuré de l'intérêt avec lequel je prendrai connaissance de vos appréciations, et je ne puis que vous encourager à renseigner le département avec la même abondance et la même régularité que par le passé.

» Recevez, monsieur, les assurances de ma haute considération, et du plaisir avec lequel je vous ai lu. » Voirl'A-ppendice n°2 et 3.

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