‹ Souvenirs diplomatiquesChapitre 65 sur 198 · LE MÉMORANDUM PRUSSIEN · texte numérisé non relu

LE MÉMORANDUM PRUSSIEN

10 Octobre 1870.

On a toujours lieu d'être inquiet lorsque le roi Guillaume invoque la Providence et que son ministre proteste de ses sentiments pacifiques. Leurs invocations et leurs protestations sont, en général, le prélude de fâcheux et parfois de sinistres événements.

M. de Bismarck, qui n'a pas trouvé une parole émue lorsqu'on incendiait nos villages et qu'on fusillait nos paysans, se sent tout à coup effrayé en reportant sa pensée sur les conséquences du siège *-. Il avait le mot pour rire, il n'y a pas longtemps, dans ses lettres familières reproduites par les journaux, lorsqu'il parlait du bombardement et de l'effet des obus allemands sur les Parisiens; et voici que tout à coup, dans un do-

1. Mémorandum prussien. — Extrait. — « Des malheureux par centaines de mille se trouvent voués dès à présent à une mort certaine, si Paris ne capitule pas à temps ; car il ne faut pas compter que l'Allemagne puisse secourir efficacement une population de deux millions d'âmes. »

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