LES CONSÉQUENCES DU SIÈGE
cument officiel, il s'apitoie, en songeant aux calamités dont notre capitale est menacée. Il s'adresse aux puissances neutres, il leur fait des assiégés un sombre tableau, il les montre affamés, démoralisés ; il prévoit l'incendie, le carnage et le pillage. Il semblerait que c'est un appel pressant qu'il adresse à leurs sentiments d'humanité et qu'il les adjure d'intervenir pendant qu'il en est temps encore. Est -il besoin de le dire ? le Mémorandum prussien n'est rien moins qu'inspiré par une aussi généreuse pensée. M. de Bismarck, en l'écrivant, n'a eu d'autre ambition que de dégager sa responsabilité et de rejeter tout l'odieux de la catastrophe qui se prépare sur le gouvernement de la Défense nationale. L'Allemagne, qu'il personnifie, ne sera nullement affligée par la perte de nos objets d'art, par la destruction des monuments qui témoignent de l'ancienneté et de la grandeur de notre histoire. Mais il importe au chancelier de se justifier par avance des désastres que sa politique a provoqués. Les journaux allemands, moins scrupuleux, ne dissimulent pas leur satisfaction ; ils révèlent les sinistres projets que poursuivent les états-majors et ils parlent avec