‹ Souvenirs diplomatiquesChapitre 7 sur 198 · LE MANIFESTE DE JULES FAVRE · texte numérisé non relu

LE MANIFESTE DE JULES FAVRE

froid, il est difficile d'admettre que la Prusse, après des victoires aussi décisives, puisse ou veuille se prêter à une paix qui ne comporterait pas des cessions territoriales. On trouve la formule de M. Jules Favre « pas un pouce de notre territoire, pas une pierre de nos forteresses », inopportune. Des déclarations aussi absolues, solennellement émises, ferment toute issue à de futures négociations. M. de Bismarck s'en servira pour entraîner l'Allemagne dans une guerre implacable, pour nous aliéner les sympathies de l'Europe, pour arrêter toute velléité de médiation, et les puissances neutres, si réservées déjà, s'en prévaudront pour justifier leur inaction1.

I. « Le manifeste répondait aux vœux du sentiment public. Paris l'accueillit avec une sorte d'exaltation frénétique, comme la formule de la raison et du patriotisme. Jamais les fautes du pouvoir n'avaient trouvé une complicité plus étroite dans les illusions du pays. » — M. Valfrey, Histoire de la diplomatie de la défense nationale.

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