LE MANIFESTE DE JULES FAVRE
14 Septembre 1870.
Le manifeste du gouvernement provisoire, publié sous la forme d'une circulaire, à la date du 8 septembre, a en Europe un pénible retentissement. S'il traduit les sentiments de la France, il ne correspond malheureusement pas à la douloureuse situation que nous ont faite les événements. Il semble aux spectateurs attristés d'une lutte aussi inégale, qu'en notifiant à l'Allemagne un pareil ultimatum, les hommes qui détiennent le pouvoir aient perdu le sentiment de la réalité. On comprend les révoltes de la conscience publique française à l'idée d'un démembrement éventuel. Mais à l'étranger, où l'on juge de sang-
scriplum in dolore, n'est pas sans analogie avec celui qui fut exécuté en 1870. Il se proposait, d'attaquer la France, de l'envahir avec deux armées, l'une en Alsace, et l'autre plus forte dans le Nord, pour marcher sur Paris. « Supposé, dit-il dans ses Œuvres militaires, qu'on prît Paris, il faudrait bien se garder d'y faire entrer des troupes parce qu'elles s'amolliraient et perdraient la discipline; il faudrait se contenter d'en tirer de grosses contributions. »