‹ Souvenirs diplomatiquesChapitre 70 sur 198 · LA POLICE PRUSSIENNE · texte numérisé non relu

LA POLICE PRUSSIENNE

était la plus arriérée de l'Europe. Il est de fait qu'elle n'avait pas soupçonné le but de sa visite et qu'elle ne s'était pas doutée de l'usage qu'il comptait faire des renseignements qu'on lui avait si largement et si bénévolement fournis1.

1. Nous sommes en France sans défense contre ces procédés; il nous répugne de préparer de longue main, dans l'ombre, sous le manteau de l'hospitalité, des pièges et des chausse-trapes. Mais il n'est pas de petits moyens pour la politique allemande. C'est ainsi qu'au début de la guerre, les journaux militaires, tels que la Gazette de la Croix, ont donné aux soldats prussiens, en les prêtant avec indignation aux états-majors français, qui assurément n'y songeaient guère, les instructions les plus minutieuses sur la façon de fouiller les maisons, de mettre la main sur les cachettes et de reconnaître dans les jardins, en arrosant la terre, les endroits où les propriétaires ont enfoui leurs trésors. C'est grâce à ces instructions que M. de Bismarck se trouve aujourd'hui en possession d'une partie de nos archives diplomatiques, reléguées imprudemment au château de Cercey. J'ai pu me convaincre que tous les papiers de M. de Moustiers et dans te nombre la correspondance particulière que j'ai échangée avec lui, se trouvaient à Berlin. M. Rouher était venu, lors de sa mort, les revendiquer à sa famille, au nom de l'État, avec la promessede restituer tout cequi n'aurait pas un caractère d'intérêt public; rien n'a été rendu, tout a été trouvé et saisi au château de Cercey par les soldats prussiens. On ne s'explique pas ce qui a pu déterminer l'ancien ministre de l'empereur à ne pas restituer aux Archives et à emporter à la campagne des documents d'une telle importance; et l'on ne comprend pas davantage qu'ils n'aient pas été réclamés par le ministère des affaires étrangères, après la suppression du ministère d'État.

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