XLVI1I
12 Octobre 1876.
Si l'annexion de l'Alsace et de la Lorraine compte de nombreux partisans en Allemagne, dans les rangs des nationaux et surtout dans le monde universitaire, elle rencontre aussi des adversaires décidés dans les classes éclairées et, tout compte fait, il ne serait pas difficile de provoquer un mouvement antiannexioniste assez intense pour permettre à M. de Bismarck, sinon de renoncer à la politique de conquête, du moins de ne pas en exagérer les conséquences. Ce mouvement s'est dessiné d'une manière spontanée et caractérisée dès le lendemain de Sedan; s'il s'est arrêté dans ces derniers temps, ce n'est qu'en suite de mesures violentes : la confiscation et l'emprisonnement. Quant à Metz et à la Lorraine française personne n'y a songé, si ce n'est les ultras qui ne seront satisfaits que lorsque la France aura cessé d'exister. M. de Sybel et même le docteur Strauss, sans dissimuler leur