‹ Souvenirs diplomatiquesChapitre 83 sur 198 · LES JOURNAUX OFFICIEUX · texte numérisé non relu

LES JOURNAUX OFFICIEUX

tes ses forces contre les nervosités et les défaillances de l'opinion. Il lui faut sa savante organisanisation, sa discipline sévère, pour maîtriser les impatiences, calmer les appréhensions. Mais il n'est pas aisé de tranquilliser un pays dont tous les ressorts ont été violemment arrêtés par les effets de la mobilisation. Les services publics sont suspendus, le commerce est paralysé, les familles sont en deuil, le plus grand nombre sans soutien. Les fonctionnaires, les négociants, les fils et les frères sont à l'armée, en pays étranger; on se demande avec anxiété s'ils reviendront jamais. Aussi, pour remonter le moral de l'Allemagne, lui laisse-t-on entrevoir la fin prochaine de la guerre, on lui promet, pour ses fêtes de Noël, d'incomparables étrennes: une paix glorieuse, une couronne impériale et le retour des absents; on lui donne comme certaine la convocation du Reichstag pour les premiers jours de novembre. La réunion du Parlement est, en effet, l'indice d'un prochain dénouement ; elle implique l'entente avec les États du Midi et le retour de M. de Bismarck à Berlin, c'est-à-dire la paix et la proclamation de l'empire germanique ; car personne n'admet que le chancelier quitte le quartier général, tant

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