LES PLAINTES DE L'ALLEMAGNE
ia défaite; elle n'a plus de généraux, mais elle a trouvé un homme qui l'électrise i , qui sait organiser de nouvelles armées ; les partis s'unissent dans la défense, et Paris, qu'on croyait dépourvu de vivres, miné par Ja révolution, est en état de résister longtemps encore. L'Allemagne se voit engagée dans une guerre acharnée, sans fin, exposée peut-être à des retours de fortune. Elle s'en prend à la présomption de ses généraux, elle reproche à sa diplomatie d'avoir laissé échapper le moment 2. La presse officieuse réagit de tou-
1. Extrait de la proclamation de M. Gambetta à son arrivée à Tours. — 9 octobre 1870. — « Paris donne à la France, au monde, un spectacle unique, le spectacle de deux millions d'hommes qui oublient leurs préférences et déjouent les calculs de l'envahisseur... Cette situation vous impose de grands devoirs; le premier de tous, c'est de ne vous laisser détourner par aucune préoccupation qui ne soit la guerre, le combat à outrance. — Il n'est pas possible que le génie de la France soit voilé toujours,. que la grande nation se laisse prendre sa place dans le monde par une invasion de cinq cent mille hommes... Levons-nous en masse et mourons plutôt que de subir la honte du démembrement. »
Maurice Busch. — « Les Français veulent la paix, a dit M. de Bismarck; mais à quoi cela sert-il, s'ils se livrent, eux et leurs idées raisonnables, à Gambetta, qui fait sortir de terre, en la frappant du pied, des armées sans cesse renaissantes? »
2. Maurice Busch. — «J'ai fait pour le roi de nouveaux extraits de journaux allemands qui s'étonnent et se plaignent du retard du bombardement. La Gazette de Cologne et le Tagblat s'attaquent à M. de Bismark, ils disent qu'il s'est fait illusion sur la force de résistance de Paris. »