‹ Souvenirs diplomatiquesChapitre 89 sur 198 · M. DE BISMARCK ET LES GÉNÉRAUX · texte numérisé non relu

M. DE BISMARCK ET LES GÉNÉRAUX

face du mouvement pacifique qui s'accentue en Europe et des protestations que la continuation de la guerre soulève dans la presse allemande, malgré le régime disciplinaire auquel elle est assujettie. On insinue que des dissentimenls se seraient élevés au quartier général entre le président du conseil et M. de Moltke, que M. de Bismarck réprouverait le bombardement, qu'il tiendrait pour une faute l'annexion de Metz et de la Lorraine. Il se peut qu'il y ait quelques tiraillements entre les chefs de l'armée et le cabinet politique du roi. La diplomatie est, pour l'heure, réléguée au second plan, l'action du ministre des affaires étrangères est subordonnée aux opérations stratégiques. M. de Bismarck souffre sans doute de son effacement momentané, ses nerfs s'en ressentent *; mais, de là à une divergence d'opinion manifeste sur l'utilité du bombardement2 et l'opportunité des annexions, il

1. Maurice Busch. — « La manière dont on se conduit envers moi n'est réellement pas aimable, a dit M. de Bismarck. Quelle ingratitude de la part des militaires! J'ai toujours plaidé leur cause au Reichstag ; mais ils verront du changement. Tout militaire je suis parti pour la guerre, tout parlementaire je reviendrai à Berlin. »

2. M. Busch. — « Le chancelier dit : « On me reproche le re- » tard du bombardement, c'est absurde, c'est tout le contraire,

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