LES MISSIONS SECRÈTES
majors prussiens et leur donner à réfléchir. De même aussi, sans refuser aux rapports mystérieux qui se sont noués entre Metz et Versailles une réelle importance, on ne peut s'empêcher -de se rappeler que ce n'est pas pour la première fois que des généraux en chef, tels que Pichegru et Dumouriez, ont tenté de s'entendre secrètement avec l'ennemi. Mais ces tentatives, soit que leur mobile ait été l'ambition personnelle, soit qu'elles aient eu pour but la restauration d'une dynastie déchue, ont rarement abouti. D'ailleurs, il n'est pas dit que le maréchal Bazaine, quelque grande que soit son autorité, puisse faire accepter à l'armée, placée sous ses ordres, des combinaisons d'un caractère politique qui seraient en opposition ouverte avec le sentiment du pays et qui auraient pour conséquence des cessions de territoire. Personne ne le croit, et il n'est pas probable que M. de Bismarck, seul, admette que le maréchal Bazaine soit en état de faire ratifier par la France des arrangements, impliquant à la fois la restauration de l'Empire, la capitulation de Metz et le sacrifice de l'Alsace et de la Lorraine .
Il est donc difficile, la presse allemande le re-