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EXIGENCES MILITAIRES ET POLITIQUES

Le roi Guillaume serait, en effet, d'après des renseignements dignes de foi, préoccupé de notre situation intérieure et ses préoccupations seraient partagées par ses alliés et par les puissances neutres. Il craint que, si un gouvernement régulier, assez fort pour réprimer l'anarchie, assez populaire pour imposer la paix, ne parvient pas à se constituer en France, l'Europe n'ait à le regretter. Ce serait perpétuer à la fois la guerre et la révolution. Les pourparlers ouverts avec Metz auraient donc eu pour objet, dans l'esprit de Sa Majesté, moins un dénouement immédiat que des arrangements éventuels de nature à faciliter la restauration d'un gouvernement autoritaire. Le roi persisterait à considérer le maréchal Bazaine comme le chef de la seule force régulière en France, capable de rétablir l'ordre et de garantir l'exécution des stipulations de la paix.

Mais on ne se rendrait pas compte des nécessités à la fois politiques et militaires qui prédominent à la cour de Prusse si l'on voulait conclure, des préoccupations que lui cause notre état anarchique et des pourparlers engagés entre Metz et Versailles, qu'elle puisse ou veuille traiter

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sérieusement de la paix tant que Paris n'aura pas capitulé.

Paris, dans l'éventualité d'une guerre avec la France, a toujours été pour les armées allemandes l'objectif principal. C'est dans notre capitale qu'elles entendent consacrer la grandeur de leurs victoires, la profondeur de nos défaites, et tout le monde en Allemagne, il faut bien le dire, est, sur ce point, en parfaite communauté de sentiments, quelque vif que soit le désir de la paix. Le jour où la guerre a été déclarée, il était entendu pour tous les Allemands que la paix ne serait signée qu'à Paris ; c'est dans cet espoir que tous ont quitté leurs foyers et qu'en ce moment des soldats à peine convalescents, des blessés à peine guéris rejoignent avec enthousiasme leurs régiments.

Il n'est donc pas permis d'espérer que le roi Guillaume, dont l'amour-propre est puissamment en cause, se mette en opposition avec le sentiment de l'Allemagne et que, dans un élan de magnanimité, il cède aux conseils que lui donnent les puissances neutres. La levée du siège, après d'aussi immenses préparatifs, équivaudrait pour les Allemands à une véritable défaite ; elle pour-

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