II
Voyons, selon M. de Voltaire, ce que répond le grand prêtre à ces mots : « Mes enfants, quel est le sujet qui vous amène ici? » lesquels mots ne sont point dans le texte grec.
Il répond, selon M. de Voltaire :
« Vous voyez devant vous des jeunes gens et des vieillards. 3Ioi qui vous 2}arle^ je suis le grand j^rétre de. Jupiter. Votre ville est comme un vaisseau battu de la tempête^ elle est près d'être abîmée et n'a pas la force de surmonter les flots qui fondent sur elle. »
Ce qui fait dire très-spirituellement, quant à la première phrase, à M. de Voltaire :
(c De là le grand prêtre prend occasion de faire une description de la peste, dont Œdipe était aus; i bien informé que du nom et de la qualité du grand, prêtre. »
Et très-pédamment, quant à la seconde :
« D'ailleurs, ce grand prêtre rend-il son homélie bien pathétique en comparant une ville pestiférée, couverte de morts et de mourants, à un vaisseau battu parla tempête? Ce prédicateur ne savait-il pas qu'on affaiblit les grandes choses quand on les compare aux petites? »
Si fait, le prédicateur savait cela; mais il ignorait qu'après deux mille deux cents ans, viendrait un homme qui ne respecterait ni la majesté de Dieu, ni celle du génie, et qui, ayant faussé les textes saints, pourrait bien altérer les textes profanes.
Voici ce qu'il y a dans le grec. Nous mettons en regard la citation de Voltaire et le texte de Sophocle :