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Écuyer du Roi, mort pour la cause royale, sur l'échafaud

Pressé par ces considérations, le Roi, surmontant son extrême répugnance, consentit à se réfugier à l'Assemblée. « Donnons, dit-il, cette dernière marque de notre amour pour le peuple. » A l'instant Sa Majesté ordonna que les portes du château fassent ouvertes, et qu'on s'abstînt de toute hostilité.

Le Roi fut accompagné de ses ministres, au nombre de six, et de MM. le prince de Poix, le duc de Choiseul, les comtes d'Haussonville, de Yiomesnil, d'Hervilly, de Pont-l'Abbé, le marquis de Eriges, le chevalier de Fleurieu, le vicomte de Saint-Priest, le marquis de Nantouillet, MM. de Fresnes et de Salaignac, écuyers de main du Roi, et de Saint-Pardoux, écuyer de main de Madame Elisabeth. La marquise de Tourzel accompagnait M. le Dauphin.

Peu d'instants après le départ, M. de Glermont avait ouï dire que le Roi se rendait à l'Assemblée. Tout en se refusant à le croire, il courut cependant avec précipitation dans le cabinet, où il entra l'épée nue à la main, joignit la Reine et s'écria :

— Comment, Madame! après ce que Votre Majesté m'a dit il y a trois heures....

— Que voulez-vous, lui dit-elle, le Roi va à

l'Assemblée, il faut bien que je le suive... nous reviendrons.

« Je restai atterré et comme foudroyé à ces paroles, ajoutait plus tard M. de Glermont. Hélas! je n'ai jamais revu la Reine... »

Le Roi était également suivi, au moment de son départ, du bataillon de gardes nationales des Filles-Saint-Thomas, dont le dévouement fut remarquable, pendant celte nuit. Leur commandant en second, M. Boscary de Villeplaine, s'était présenté plusieurs fois à Sa Majesté dans la nuit et l'avait supplié de se décider à l'offensive, de même que M. de Boissieu, brave militaire, colonel du régiment d'Austrasie. Ce sont ces grenadiers qui avaient, dit-on, gardé de force le maire Pélion *

1. On a discuté la question de savoir si Pétion avait été retenu de force aux Tuileries par Louis XVI. Madame Royale, dans les Mémoires précités, dément ce bruit : • Pétion arriva chez mon père, dit-elle, vers les onze heures, se récriant beaucoup sur le nouveau tumulte. Mon père le traita comme il méritait de l'être et le renvoya. Néanmoins les méchants répandirent le bruit que Pétion était retenu aux Tuileries, sur quoi les esprits s'aigrirent et s'enflammèrent jusqu'à la fureur... ». D'après le récit de Hiic les grenadiers auraient, au contraire, retenu Pélion, mais il ne fait que rapporter ici une note anonyme dont nous avons rencontré l'original dans son dossier concernant le 10 août. François Hue y avait joint cet extrait (inédit) d'une lettre à lui adressée le 26 novembre 1814, par .M. Louis Gilbert Cahier (ancien membre du conseil général de la Commune en IT'.H et 1"92, président de la section du Mont-Blanc, accusateur public près le Tribunal de la

au château toute la nuit et qui ne ravaient relâché que d'après les ordres réitérés du Roi. D'après l'ordre exprès de Sa Majesté, ils composèrent donc, avec plusieurs Suisses, l'escorte qui veilla à sa sûreté et à celle de sa famille lorsqu'il se rendit à l'Assemblée.

Cette escorte était commandée par M. Tassin de l'Étang-, commandant en second, et par MM. les officiers suisses.

Les grenadiers du bataillon des Filles-Saint- Thomas furent, ainsi que leurs chefs, dans l'intérieur de l'Assemblée nationale, espérant encor trouver l'occasion de faire un dernier elîort pour

Seine en l'an V, puis substitut de la Cour impériale, décoré par Louis XVIIl en 1814) :

•■ J'étais présent au Conseil général lorsque Pétion revint du cliâleau dans la nuit du 10 août : après avoir rendu compte des dangers qu'il prétendait y avoir courus, il se retira et il alla se coucher dans son hôtel. Il pouvait être une heure ou deux du matin. Ce fut dans son hôtel qu'il fut consigné. Lorsque, entre cinq et six heures du matin, on vint nous notifier que le peuple souverain avait destitué le Conseil général et que nos remplaçants venaient se constituer en notre lieu et place je fus, ainsi que M. Royer-Collard (aujourd'hui directeur général de la Librairie et de l'Imprimerie) et .M. Biderman, banquier, chargé d'aller informer de cet incident le maire, le directoire du département et l'Assemblée nationale. Nous nous rendîmes d'abord chez Pétion. Nous fûmes introduits dans sa chambre à coucher, M. le Maire dormait alors danx son lit d'un profond sommeil, et les colonnes armées débouciiaient par tous les points et se portaient au château. »

bO SOUVENIRS DU BARON H Û E .

Leurs Majestés. Enfln, ils ne sortirent de TAssemblée que sur l'ordre que le Roi en donna à leurs commandants.

Sa Majesté avait daigné, oubliant ses propres malheurs, recommander leur sûreté à leurs chefs. Elle ne prévoyait que trop les proscriptions qui les attendaient pour prix de leur fidélité et de de leur dévouement; ils furent dans cette fatale journée les derniers soutiens du trône. Après le 10 août, M. Tassin de l'Etang, commandant en premier, M. Bérard, capitaine, et dix-sept grenadiers en faction qu'on n'avait pu relever au moment de ce départ du Roi, coururent les plus grands dangers et l'un d'eux fut blessé mortellement en demeurant au château.

Le plus grand nombre de personnes attachées à la cour et au service était resté au château, après le départ de la famille royale.

La princesse de Tarente et la marquise de la Roche-Aymon, dames du palais de la Reine, et mademoiselle de Tourzel se réfugièrent dans la chambre à coucher du Roi. On y remarquait aussi les dames Thibaud*, Neuville-, Brunier',

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