i2 avril
2. Anloinette-Marguerite-Thérèse Le Pelletier de Rosambo. née Lamoii^'non-Malesherbes.
3. Jean-Baptisle-.\ugusle, comte de Chateaubriand, ancien capitaine de cavalerie, et Aline- Thérèse Le Pelletier de Hoi-ambo, <;i femme, fille de la précédente.
4. Anne-Nicole Olivier, marquise de Sénozan, née Malesherbes. périt sur l'échafaud en même temps que Madame Elisabeth, le 10 mai 1794.
•T. Quand François lliJe donna, en 1S14, une édition de ses
Après la mort de M. de Malesherbes, je fus transféré dans la prison du Luxembourg-. 0 vous ! épouse chérie, qui à travers mille dangers ' m'avez prodigué tant de soins ! et vous, âmes sensibles qui, dans ces tristes lieux, avez adouci l'amertume de mes chagrins, recevez l'hommage d'une reconnaissance que le temps ne saurait affaiblir.
Dernii^res années de Louis XVI, clans lesquelles il faisait l'éloge de M. lie Malesherbes, il recrut les remercicmenls de M. Le Pelletier de Rosambo, petit-fils de Malesherbes, de la comtesse de Tocqueville, sa petite-fille, et enfia de sa propre fille, la marquise de Montboissier-Ganillac qui, le 3 septembre 18U, le remerciait de « l'hommage rendu à la mémoire de son père, hommage dont elle sentait tout le prix et qui, sous la plume de M. Hiie, montrait la bonté de son cœur et la justesse de son esprit ».
1. A une date que nous ne saurions préciser, madame Hue apprit qu'on devait venir l'arrêter chez elle, quai de l'Égalité. Elle eut le temps de se réfugier chez ses amis, M. et madame Henry, en leur hôtel de la rue Chabanais. M. Henry, neveu du chanoine Henry, qui avait donné à madame Hiie la bénédiction nuptiale en 1781, lui était attaché par les liens d'une intimité d'enfance. A peine était-elle arrivée chez ses amis que plusieurs membres du Comité révolutionnaire, avertis de sa nouvelle retraite, ou tout au moins la suspectant, se présentèrent chez M. et madame Henry, qui les laissèrent perquisitionner avec le plus grand calme. Leurs recherches furent vaines. Ils s'en allèrent en maugréant sans avoir mis la main sur l'accusée. Madame Henry avait eu la présence d'esprit de faire pénétrer son amie dans un cabinet noir et de la dissimuler dans une large armoire à coulisse qui n'apparaissait point aux regards. Nous tenons cette anecdote de madame Duchanoy, née Culhiat de Coreil, petite-fille du baron Henry, qui nous a dit qu'on voulait alors conduire madame Hiie aux Madelonettes. L'armoire qui dissimula madame Hiie se voit encore dans un appartement du n" 6 de la rue Chabanais.
Toute la famille de François Hiie était alors inquiétée. L'oncle
Pendant de longs mois je demeurai dans cette prison, dans l'attente perpétuelle du trépas ^
Encore une fois cependant, ma vie fut épargnée, alors que tant d'autres plus utiles étaient fauchées par l'échafaud. Six semaines après la mort du tyran, de l'infâme Robespierre, je sortis de prison après onze mois de détention.
de madame Hue, J.-B. Brion, greffier en chef du Parlement de Paris, dut quitter son logis du quai des Miriamiones et se réfugier, sous la Terreur, dans la maison de campagne de M. Henry précité, sise à Bagneux. H y demeura pendant huit jours, se dissimulant à chaque alerte dans une large cheminée à double fond où on lui apportait sa nourriture (Anecdote contée par mademoiselle Dcterme, petite-fille du baron Henryi. Ces deux événements resserrèrent entre les familles Hiie et Henry, une ancienne amitié que le temps n'est pas encore parvenu à détruire.
1. On a souvent attribué, dans la famille de Hue, les circonstances qui le sauvèrent plusieurs fois de la mort, à l'influence déjà grandissante de Joséphine de Beauharnais.
Une ancienne intimité unissait en elTet Joséphine de la Pagerie à la famille Hiie. Elle tutoyait même le fils de François, André HiiC: qu'elle avait connu dans son enfance. La veuve de ce dernier, la baronne Hiie, née Mazenod, nous a conté fréquemment l'anecdote suivante sans pouvoir, à notre vif regret, nous en préciser les détails. Joséphine aurait une fois convié à souper madame Hiie, qui désirait obtenir l'élargissement de son mari, alors incarcéré dans une des nombreuses prisons qu'il occupa.
Elle l'aurait réunie à sa table, de même que son fils André, à un révolutionnaire fort influent (Barras?), pour que tous deux implorassent sa clémence.
Il parait qu'au dessert le • révolutionnaire influent », fort enflammé par la beauté de madame Hiie, promit « d'exercer sa clémence •, mais embrassant le jeune André Hiie en jetant sur sa mère un regard des plus tendres, il lui dit : « Porte de ma part ce baiser à ta maman ». Et Joséphine, indignée.
s'écria fort impétueusement : » Oh! citoyen, ne souille pas cet enfant d'une pareille mission! »
D'autre part, la baronne des Michels, fille de M. Fagnan, secrétaire du comte Mollien, et de mademoiselle Pinondel do Champarmois, cousine germaine de François lliie, se plaisait à répéter sur ses vieux jours, vers 1882, aux descendants de Hue : « Ma mère a sauvé pendant la Révolution la tète de voire bisaïeul! » Madame Fagnan était, parait-il, fort liée avec madame Joséphine de Beauharnais. Peut-être appuya-t-elle auprès de son amie la cause de M. Hiie?