CHAPITRE VIII
(Septembre n94-18 décembre 1795.)
"Vaines tentatives de François Hue et de sa femme pour rentrer au Temple. — Lettres de madame Hiie au Comité de sûreté générale. — Les romances de Lepitre. — Consolations apportées à Madame Royale pendant sa captivité. — M. et Madame Hiie dans la Rotonde. — Libération de Madame Royale. — Hiie obtient l'autorisation de l'accompagner à Vienne. — Conversation avec le ministre Benezech.
Aussitôt après ma sortie de prison, instruit de l'état dans lequel se trouvait le fils de mon Roi, je sollicitai auprès du Comité de sûreté générale l'autorisation de m'enfermer de nouveau avec Louis XVII et de lui donner mes soins. Ma demande fut rejetée sous prétexte que le jeune Roi était soigné parles commissaires du Temple'...
1. Nous supprimerons ici le récit que Hiie retraça de la mort de Louis XVII. Il n'en fut pas témoin, et les détails qu'il donne «ont ceux que l'on retrouve dans tous les Mémoires du temps. Au reste, on peut lire dans les Dernières années de Loum XVI quelques-unes de ces pages et des réflexions poli-
Après la mort du Prince, le 8 juin 1795, j'appris que le Comité avait arrêté qu'une femme serait donnée à Madame Royale pour la servir. Ignorant que madame de Chantrène ' avait été immédiatement nommée à cet office, ma femme sollicita vainement d'entrer au Temple et écrivit dans ce but les deux lettres suivantes :
Aux citoijens du Comité de sûreté générale de la Convention nationale.
« Instruite d'un arrêté pris au Comité de sûreté générale, par lequel il a été dit qu'une citoyenne serait placé auprès de Marie-Thérèse-Gharlotte Bourbon, détenue dans la tour du Temple, la
tiques que l'étendue donnée à ce volume ne nous a pas permis de reproduire ici. Ajoutons cependant, comme nous l'avons rapporté plus haut, que malgré qu'on en ait dit, François Hue et son fils André m; doutèrent jamais de la mort de Louis XVII au Temple. Les partisans de la « Survivance » ont toujours trouvé en eux d'inébranlables adversaires. Sans entrer dans cette question qui a fait couler tant de flots d'encre, parfois inutiles, nous rappellerons que l'impératrice Joséphine, à laquelle on a voulu attribuer l'évasion de Louis XVII, était fort liée avec François Iliie. « Jamais, disait madame André Hiie, elle n'aurait eu le courage de dissimuler à mon beaupère la survivance d'un prince pour lequel il aurait donné sa vie et qu'il pleura jusqu'à sa mort. »
i. Madame Bocquet de Chanlereine, née Hilaire de la Rochette, avait été mise par les soins du gouvernement auprès de Madame Royale.
citoyenne Victoire-Madeleine-Henriette Hatin, âgée de trente-quatre ans, native de Saint-Dizier, département de la Haute-Marne, épouse de François Hiie, natif de Fontainebleau, demeurant ensemble à Paris, quai de l'Égalité, n° 6, Ile de la Fraternité, précédemment attaché au service de Louis XVI et de sa famille, qu'il a suivis au Temple où il a été enfermé avec eux, ladite citoyenne demande à être nommée par vous, pour donner ses soins à Marie-Thérèse-Charlolte Bourbon.
» La citoyenne Hue n'a rien à redouter sur les informations que vous prendrez sur ses mœurs. Epouse et mère, elle en remplit fidèlement tous les devoirs.