‹ Souvenirs du baron HüeChapitre 58 sur 83 · Emilie de Sérent, dame de madame la duchesse d'An · texte numérisé non relu

Emilie de Sérent, dame de madame la duchesse d'An

SOUVENIRS DU BARON" HUE. 2o3

M. Gollignon et un valet de chambre.

M. l'abbé Destournelles.

M. de Perronnet.

M. de Préau. M. Gonet \

M. le comte de Damas et son domestique.

Madame la duchesse de Sérent et sa femme de chambre.

M. le comte et madame la comtesse de Damas- Crux, un domestique et une femme de chambre.

Madame la comtesse de Ghoisy.

Madame Gollignon.

Madame Hiie.

M. ïurgy.

M. Hue et son valet de chambre.

Plusieurs des personnes de la suite demeuraient en ville et c'est Sa Majesté elle-même, soucieuse des intérêts de chacun, qui leur assignait leurs domiciles. Elles se réunissaient chaque jour à sa table et demeuraient tout le jour en son entourage.

Le Roi se levait de grand matin et, chaque jour, vers huit heures, entendait dans la petite chapelle

goulème. et femme de Raymond-Jacqiies-.Maric, comle, puis duc de Narbonne-Pelet.

1. MM. Collii:non, de Préau et Gonet étaient valets de cliamhre du Roi. Il a été parlé de MM. de Damas, de Perronet, etc.

de Mittau la messe célébrée soit par M. l'abbé Edgeworth, soit par M. l'abbé Fleuriel. Le dimanche était réservé aux audiences. Sa Majesté recevait quelques personnes étrangères, nobles russes, émigrés demeurés fidèles à la dynastie de nos rois et ruinés depuis le licenciement des cent gardes qu'avait formés l'Empereur Paul I"^... Une des consolations que le Roi rencontrait dans son triste séjour en exil était la présence de M. l'abbé Edgeworth, ce témoin des dernières heures du roi martyr, modèle de toutes les vertus. Depuis 1796, Edgeworth de Firmont avait été appelé auprès de lui comme le confident d'un frère dont il pleurait sans cesse la perte, et dont tous les Français béniront à jamais la mémoire. La satisfaction que Sa Majesté éprouvait de l'avoir auprès d'Elle était sans bornes, et, le 20 avril IIQ", Elle avait écrit à son sujet au cardinal de Montmorency ces pages mémorables :

« J'ai appris, monsieur, avec une extrême satisfaction que vous êtes enfin échappé à tous les

1. La partie des souvenirs de Hue concernant le séjour en Allemagne et en Russie, se présente sous forme de notes insuffisamment reliées entre elles, de projets de lettres et de pages iiitivement rédigées qui nous obligent parfois à suspendre le récit et à pratiquer des ■< coupures • quand il aborde des sujets personnels, indifférents aux lecteurs.

dangers auxquels votre sublime dévouement vous a exposé. Je remercie sincèrement la divine Providence d'avoir daigné conserver en vous un de ses plus fidèles ministres et le confident des dernières pensées d'un frère dont je pleurerai sans cesse la perle, dont tous les bons Français béniront à jamais la mémoire; d'un martyr dont vous avez, le premier, proclamé le triomphe et dont j'espère que TEglise consacrera un jour les vertus. Le miracle de votre conservation me fait espérer que Dieu n'a pas encore abandonné la France. Il veut sans doute qu'un témoin irréprochable atteste à tous les Français l'amour dont leur Roi fut sans cesse animé pour eux, afin que, connaissant toute l'étendue de leur perte, ils ne se bornent pas à de stériles regrets, mais qu'ils cherchent, en se jetant dans les bras d'un père qui les leur tend, le seul adoucissement que leur juste douleur puisse recevoir. Je vous exhorte donc, monsieur, ou plutôt je vous demande avec instance de recueillir et de publier tout ce que votre saint ministère ne vous ordonne pas de taire. C'est le plus beau monument que je puisse ériger au meilleur des Rois et au plus chéri des frères*.

1. L'abbé Edgeworlh avait donné à rabl)é J.-B. Hiic, frère de François Hiie, un fac-similé des testaments de Louis XVI et de Marie-Antoinette sur satin i)lanc.

» Je voudrais, monsieur, vous donner des preuves efficaces de ma profonde estime; mais je ne puis que vous offrir mon admiration et ma reconnaissance. Ce sont les sentiments les plus dignes de vous ^

» LOUIS

Aussi Sa Majesté fut-elle douloureusement éprouvée quand, le 22 mai 1807, M. Edgeworlh mourut des suites d'une fièvre maligne qu'il avait contractée en soignant des prisonniers français.

Peu de temps après la mort de M. l'abbé Edgeworth, le Roi et Madame quittèrent la Russie pour aller demander au roi d'Angleterre l'hospitalité sur la terre d'exil. J'avais moi-même quitté Mittau, ayant obtenu de Sa Majesté un cong-é qu'Elle m'avait accordé avec sa bonté habituelle.

En but à des tracasseries- dont l'unique objet était de me contraindre à la retraite, je m'étais retiré, à force de dégoûts, sous un prétexte plausible, prêt cependant à revenir au service de mon Roi dès qu'il daignerait me rappeler auprès de lui.

1. Celte copie a été faite à Mittau sur l'original même dont le roi a permis à M. le cardinal de me donner communication, le 16 août 1798. (Note de Hiie.)

2. De la part do l'entourage du Roi, jaloux de son inlluence.

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