‹ Souvenirs du Chanoine SchmidChapitre 10 sur 61 · C. SCHMID, CURÉ D'OBERSTADION · texte numérisé non relu

C. SCHMID, CURÉ D'OBERSTADION

obligés, en leur qualité de décimateurs, aux frais de réparations, n'avaient presque rien fait pour son entretien. Schmid se mit donc aussitôt à l'œuvre. Afin de pouvoir vivre plus tranquillement, il se fit construire sur le sol un petit cabinet d'études tourné vers le levant. C'est là qu'à ses heures libres il écrivit une foule de ses récits ; mais dans le principe, il trouva peu de temps à consacrer à ses travaux littéraires.

Cette paroisse, quoique composée de plus de treize cents âmes, outre une foule de succursales plus ou moins éloignées, n'avait qu'un vicaire. Schmid inaugura ses nouvelles fonctions avec courage et plaisir. Dans son premier sermon, il disait à ses paroissiens : « Transporté au milieu de vous par une disposition de la divine Providence, j'éprouve une grande satisfaction à vous annoncer pour la première fois la parole de Dieu.

» Quoique j'arrive au milieu de vous d'un pays qui n'est point le vôtre, et qu'il y ait à peine quelques jours que vous avez vu ma figure pour la première fois, je ne vous suis pourtant point étranger. Nous avons au ciel un Père commun, nous avons été rachetés par le sang du même Rédempteur, sanctifiés par le même Saint-Esprit, nous vivons au sein de la même Eglise catholique, et nous sommes tous destinés à une même vie éternelle. Cependant, des liens plus étroits encore vont désor-

mais exister entre nous ; car ce n'est point en vain que vous vous appelez mes paroissiens. Un pasteur, selon la volonté de Dieu et de Jésus-Christ, doit être le père et l'ami de ses ouailles, et celles-ci doivent avoir pour lui une affection d'enfants. Votre pasteur a pour mission de vous montrer, à travers le voyage de la vie, le vrai chemin qui conduit au ciel. »

Puis il exhorta les fidèles à écouter la parole de Dieu qu'il allait leur annoncer; précaution en quelque sorte superflue, car la douceur et la bonté naturelle de Schmid lui avaient tout d'abord concilié tous les cœurs.

Ses paroissiens, les jours de dimanches et de fêtes, accouraient joyeux pour entendre de sa bouche la parole divine. Schmid préparait toujours ses sermons avec beaucoup de soins. Le plus souvent il les écrivait mot pour mot, et, doué qu'il était d'une excellente mémoire, il les prononçait tels qu'il les avait composés. Les manuscrits qu'il a laissés en contiennent un grand nombre qui, tous, sont conçus dans l'esprit de saint Paul. Le ton qui y domine est la charité. Il se mettait tout-à-fait au niveau du peuple. Ainsi, dans un de ses discours où il parle de la bonté de Dieu envers les hommes, il conduit ses auditeurs comme par la main à travers toute leur maison. « Dieu, dit-il, a versé ses dons dans vos greniers, car c'est lui qui les remplit de ses

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