‹ Souvenirs du Chanoine SchmidChapitre 11 sur 61 · C. SCHMID, CURÉ D'OBERSTADION · texte numérisé non relu

C. SCHMID, CURÉ D'OBERSTADION

abondantes bénédictions ; il les a répandus dans vos étables, car c'est lui qui fait prospérer votre bétail et le préserve de la contagion. Vous avez journellement sous vos yeux des preuves de la bonté divine ; car les gerbes fécondes qui passent si souvent dans vos mains sont des dons de Dieu; l'herbe que vous fauchez, le chanvre et le fil que vous maniez à tant de reprises et sous des formes si diverses, sont des dons de Dieu; le bois dont vous préparez votre nourriture et dont vous vous chauffez • le soleil, la lune et les étoiles , les nuages, la rosée et la pluie , le ciel qui s'éiend au-dessus de vous , la terre que vous foulez, vous sont autant de témoignages de la bonté de Dieu envers vous. Vos yeux, qui vous servent à contempler les miracles de sa générosité, et vos mains, avec lesquelles vous recevez ses dons, sont eux-mêmes des bienfaits de son amour. »

C. Schmid aimait que ses discours eussent un caractère actuel et local. Un jour, c'était à une fête de la Dédicace, il parla de la fondation de la paroisse et de l'église, et, montrant dans la maison de Dieu les tombeaux des nobles chevaliers qui l'avait fondée et dotée, il exhorta les fidèles à prier pour eux. Une autre fois, il expliqua l'origine de la confrérie, son introduction dans la paroisse et une foule d'autres circonstances. Par ce moyen, il arrivait à captiver l'attention de ses auditeurs et à les mieux préparer pour le but plus noble où il les voulait conduire.

Il invitait aussi des prédicateurs étrangers, afin de réveiller l'attention du peuple, si prompte à s'assoupir.

C. Schmid allait tous les jours faire le catéchisme en classe. Quant à celui qui avait lieu le dimanche dans l'après-midi, il le faisait toujours lui-même. Il expliquait peu de matières, mais ses paroles étaient d'une clarté et d'une précision remarquables. Dans les questions qui venaient ensuite, il s'efforçait d'incruster en quelque sorte les vérités chrétiennes dans la mémoire et dans le cœur de la jeunesse. Il aimait à parsemer ses sermons d'histoires puisées soit dans la vie des saints, soit dans la vie commune. Doué qu'il était d'un talent merveilleux pour reproduire et dépeindre les faits historiques, il captivait à un haut degré l'attention de la jeunesse, d'ailleurs si inconstante. Plus d'une histoire, en soi passablement aride, gagnait dans sa bouche en intérêt; car il savait admirablement donner du relief aux circonstances propres à faire impression sur le cœur et sur la volonté des jeunes gens.

Schmid introduisit aussi à Oberstadion les méditations sur le Sauveur au jardin des Olives, qu'il avait faites à Thannhausen. Cet exercice fut également très-fréquen té. Une foule de personnes pieuses, non-seulement d'Oberstadion, mais encore des paroisses voisines, y assistaient. Comme il faisait le plus souvent sombre quand on sortait de l'église,

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