C. SCHMID, CURÉ d'oBERSTADION
maîtresses de mon respect, et que les anges de Dieu soient avec vous !
» C'est là le vœu et la prière
» De votre sincère ami,
» Christophe Schmid. »
Je rapporterai encore le fait suivant, emprunté à la carrière littéraire de Schmid, et que lui-même m'a raconté. Un jour, une femme de Stadion se rendit au presbytère et demanda à parler à M. le curé. La sœur de Schmid répondit que son frère étudiant en ce moment-là, elle pourrait peut-être satisfaire à sa demande, « Non, répondit la femme, je veux parler à M. le curé en personne; la chose est importante. » La sœur conduisit la paysanne dans la chambre de son frère. Après l'avoir saluée, Schmid lui demanda ce qu'elle désirait, « J'ai ouïdire que M. le curé savait écrire des livres magnifiques, dit la paysanne; je désirerais que vous pussiez en écrire un pour moi. » C. Schmid se mit à rire et répondit : « Quel livre voulez-vous que je vous écrive? — Un livre de prières, reprit la femme; mais il faut qu'il y ait toutes les prières possibles, prières pour moi, pour mon homme, pour mes enfants, pour mes parents défunts, pour mon parrain et ma marraine, bref, pour tous. Du reste, je ne permettrai pas que vous l'écriviez gratuitement, je ferai volontiers quelque sacrifice. — Eh bien!
demanda Schmid, en prenant un air de gaieté, combien voulez-vous dépenser? — Deux francs! et si le livre réussit aussi bien que je le souhaite, cinq francs ne me feront pas peur. — Bonne femme, s'écria Schmid, il m'est impossible de vous écrire un livre pour deux francs, ni pour cinq, ni même pour deux cents. » Quand la paysanne entendit parler de deux cents francs, le rouge lui monta à la figure. « Pourquoi pas, reprit-elle d'un ton qui indiquait qu'elle avait été scandalisée? quel est celui qui serait assez fou pour acheter un livre si chèrement? » — Schmid eut une peine infinie à lui donner une idée de la manière dont se faisaient les livres.
Schmid perdit sa mère pendant qu'il était curé à Stadion. Cette femme, qui avait passé par tant d'épreuves, mourut âgée de soixante -quinze ans, à Dinkelsbuhl, où elle dirigeait le ménage du frère de Schmid, Joseph, chantre et prédicateur à l'église paroissiale de cette ville. A la nouvelle que sa mère était dangereusement malade , Schmid accourut aussitôt à son lit de mort, et accompagna, en versant des larmes amères, sa dépouille mortelle jusqu'au tombeau.
Quelques années après, son frère Joseph tomba aussi gravement malade, et fit écrire à Christophe Schmid de se rendre auprès de lui. Christophe partit aussitôt avec sa sœur pour Dinkelsbuhl. Il trouva