C. SCHMID, CHANOINE d'aUGSBOURG
Ignace- Albert de Riegg, avec beaucoup de condescendance et de bonté, et par le vicaire général, M. Weber, son ancien maître, avec une cordialité affectueuse. Ce dernier invita Schmid et sa sœur à loger chez lui jusqu'à ce que ses appartements fussent préparés.
Le 24 mai 1827, G. Schmid fut installé dans ses nouvelles fonctions, à la cathédrale d'Augsbourg. Une foule nombreuse assistait à cette cérémonie; on était heureux de voir face à face cet écrivain de l'enfance, dont un si grand nombre avaient lu les ouvrages. Plus d'un père et plus d'une mère de famille montraient à leurs enfants Fauteur des Œufs de Pâques.
Schmid ayant vécu jusqu'alors à la campagne, dont il avait pris le calme et la solitude en trèsgrande affection, eut peine à s'habituer au séjour de la ville. Ajoutez à cela que le jeune chanoine n'avait point de résidence officielle et avait été obligé de louer un logement. Celui que le vicaire général lui avait procuré se trouvait, il est vrai, près de la cathédrale; mais il fallait, pour y arriver, monter plusieurs escaliers; il était situé dans un des quartiers les plus bruyants de la ville, et le soleil n'y arrivait que sur le soir. Il était donc bien naturel que, dans le principe, C. Schmid regrettât la vie paisible des champs, à laquelle il était habitué, et le beau cabinet d'études qu'il avait à Stadion.
Il n'était pas loin de se repentir d'avoir échangé, contre l'existence tumultueuse des villes, la vie de la campagne, si favorable aux muses. Et puis, il éprouvait de la difficulté à se plier aux arides et nombreux travaux de chancellerie dont il dut s'occuper en qualité de chanoine. Il lui fallut donc pour le moment renoncer à sa muse enfantine, car elle refusait de sympathiser avec la lecture des actes. En général, il n'aimait point à écrire. Ses amis usèrent de tous les moyens pour l'encourager. Sailer lui écrivait :
« J'ai un plaisir infini de savoir que vous êtes enfin arrivé à Augsbourg. J'ai la plus ferme, oui, la plus ferme conviction que vous êtes là à votre place, et que le Seigneur, qui vous y a envoyé, vous donnera le courage, les lumières et les forces nécessaires pour accomplir, et, qui plus est, avec joie, votre œuvre journalière. Malgré toutes mes fatigues, ma santé est excellente, et je suis revenu bien portant de mon voyage d'affaires : ce qui est pour moi une nouvelle preuve que l'on peut supporter beaucoup quand on prend pour appui celui qui soutient le monde. Le fardeau qui pèse sur vous serait-il trop lourd pour de si puissantes épaules? Non, assurément. Déposez-le sur lui en toute confiance ; il saura porter vous et lui. »
La sœur de C. Schmid savait mieux que personne ce qu'il fallait à son frère pour travailler avec joie et écrire de nouvelles histoires.