CHAPITRE XVII
Le lieutenant-général de GersdorfT. — Son journal militaire. — Evénements qui ont précédé ou accompagné la bataille de Dresde. — La mort de Moreau. — La défection de Leipzig. — Ce qu'en pensent les Saxons.
Paris, juillet 1826.
En fait de généraux saxons, je n'ai guère à citer qrue les lieutenants-généraux de Zeschau (I), ministre de la guerre, de Zeschwitz (2). de Ziegler, aide de camp général du Roi, et de Gersdoriï. Rien à dire de mes relations peu suivies avec les trois premiers. Quant au dernier, je l'ai connu plus intimement : son caractère, resté jeune, le porte vers les jeunes gens, et, autant il est peu aimé des Saxons qui lui reprochent son attachement à Napoléon, autant il est apprécié des Framai-.
Le lieutenant-général de Gersdoriï est, actuellement, inspecteur général de l'armée de réserve, aide de camp général du Roi, gouverneur de l'Ecole des Cadets, et grand-officier de la Légion d'honneur. Du temps de Napoléon, il a rempli dans les rangs du contingent saxon un rôle brillant, et s'est particulièrement distingué au siège de Dantzig. puis à Linz et à Wagram. Depuis 1809, il était chef d'état-major général de l'armée saxonne, qu'il avait intelligemment réorganisée, sous les auspices et l'impulsion de Bernadotte (3).
Le général de Gersdoriï, dont l'obésité s'opposerait, désormais, à ce qu'il pût servir en temps de guerre, écrit, depuis
<\) Né en 1760, mort en 1832. C'était le lieutenant-général de Zeschau qui, <n 1813, commandait l'unique division formée par le contingent saxon au service de la France.
(2) Le général de Zeschwitz avait commandé l'Armée saxonne, antérieuit au général de Zeschau, qui, alors, y servait en qualité de chef d'étal
major.
(3) Dès les premiers jours de 1809, Napoléon avait expédié Bernadotte à Dresde, avec mission de réorganiser l'armée Baxonne.